Analyse

Le franco-italien STMicroelectronics sacré roi des puces eSIM, devant...

Selon le cabinet Counterpoint, STMicroelectronics s’impose comme le roi des puces eSIM. Un succès qu’il doit à sa présence depuis deux ans dans l’Apple Watch et surtout l’iPhone. Mais cette position est menacée par la stratégie d’intégration verticale d’un grand géant américain.

 

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STMicroelectronics eSIM
Succès des eSIM de STMicroelectronics dans les mobiles et objets connectés.

La migration des mobiles de la carte SIM amovible à la solution SIM embarquée (eSIM pour embedded SIM) tourne à l’avantage de STMicroelectronics. Selon le cabinet Counterpoint, le fabricant franco-italien de puces s'impose comme le roi incontesté de ce nouveau marché.

Devant ses deux plus gros compétiteurs, l’allemand Infineon Technologies et le néerlandais NXP.

eSIM matériel contre eSIM virtuel

"Je ne peux pas divulguer les parts de marché des fournisseurs, mais une chose est sûre : STMicroelectronics est le leader des eSIM matériels ", affirme à L’Usine Nouvelle Karan Dasaor, analyste chez Counterpoint. Le cabinet définit le marché en deux segments : celui des eSIM matériels sous la forme d’un composant dédié soudé sur la carte électronique de l’équipement, et celui des eSIM virtuels configurés par logiciel dans le processeur de l’équipement. Les trois ténors européens des puces sont actifs sur le premier segment.

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Selon Counterpoint, près de 380 millions d’équipements ont été écoulés en 2020 avec eSIM matériel, contre 280 millions en 2019. Et le volume pourrait dépasser 1,9 milliard à l’horizon 2025. Les smartphones représentent 45 % du volume en 2020.

L’eSIM matériel se présente comme une puce embarquée dans le téléphone, la montre, la tablette ou la voiture connectée comme d'autres composants électroniques. Plus besoin de se procurer une carte SIM auprès de l’opérateur mobile. Plus besoin de la changer pour passer à un autre opérateur. L’activation et le changement d’abonnement se font par téléchargement et mise à jour de données à distance. Cette technologie vise à faciliter aux utilisateurs la souscription et le changement de services mobiles.

STMICROELECTRONICS FORT DANS LES SMARTPHONES, INFINEON DANS LES VOITURES

Google a été le premier constructeur à l’adopter sur ses smartphones Pixel 2 en 2017. Mais c’est l'adoption par Apple sur ses Apple Watch et iPhone qui a donné le véritable coup d’accélérateur au marché. " Apple a introduit l’eSIM, il y a deux ans, et depuis lors, tous les iPhone lancés sont compatibles avec cette technologie, sauf ceux vendus en Chine, précise Karan Dasaor. Samsung le fait pour ses appareils haut de gamme. Google se démarque en introduisant l'eSIM jusqu’au dans le segment de produits de moins de 300 dollars. La plupart des constructeurs chinois de smartphones comme Oppo, Xiaomi, Vivo, Lenovo ou OnePlus préfèrent la solution eSIM virtuelle. Motorola est le seul constructeur à intégrer seulement l'eSIM . " Les autres constructeurs, qui embarquent l'eSIM, continuent à incorporer l'emplacement d'une carte SIM traditionnelle. Histoire de laisser aux opérateurs mobiles le temps de s'adapter.

Counterpoint évalue la capacité des fournisseurs d’eSIM à accompagner la migration du marché selon huit critères clés dont la contribution à la technologie, la conformité aux spécifications de la GSMA (association des opérateurs mobiles), la sécurité ou les partenariats. STMicroelectronics arrive en tête avec une note de 63 points, devant Infineon Technologies (50 points) et NXP (43 points). " Les trois acteurs semblent répartir leurs forces dans trois segments du marchés : STMicroelectronics dans les smartphones, montres et autres produits grand public des principaux grands constructeurs, dont Apple, Samsung, Huawei et Motorola, Infineon dans les voitures connectées de presque tous les grands constructeurs automobiles, et NXP dans les produits utilisant ses solutions NFC ou UWB, comme le Galaxy S20 Ultra de Samsung ", explique Karan Dasaor.

Risque d'intégration de l'eSIM dans les puces d'Apple

STMicroelectronics doit son succès à sa présence dans l’Apple Watch, l’iPhone et récemment l’iPad Pro. Mais le groupe, dirigé par Jean-Marc Chéry, n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise. Counterpoint pointe le risque de voir des équipementiers intégrés comme Apple, Samsung ou Huawei, et des fournisseurs de puces mobiles comme Qualcomm ou MediaTek incorporer dans les circuits qu'ils développent les fonctions d’eSIM virtuelle. Cela réduirait l’encombrement et les coûts. Apple, qui développe les processeurs de ses iPhone, iPad et autres Apple Watch a l’habitude de cette intégration verticale.

Counterpoint évaluation 2020 des fournisseurs de puces eSIMCounterpoint
Counterpoint évaluation 2020 des fournisseurs de puces eSIM Counterpoint évaluation 2020 des fournisseurs de puces eSIM (LOUKIL, Ridha)
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