Samsung bascule vers l’eSIM, les acteurs de la SIM classique comme Gemalto vont devoir s'adapter

Après Google puis Apple, Samsung adopte à son tour l’eSIM sur ses nouveaux smartphones Galaxy S20. Un tournant qui accélère la bascule du marché des mobiles sur cette technologie et pousse des fournisseurs de cartes SIM comme Gemalto, Imedia ou Giesecke+Devrient à se transformer.

 

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Samsung Galaxy S20
Les trois modèles de Galaxy S20 sont munis de module eSIM

A première vue, la nouvelle génération de smartphones vedettes Galaxy S20, Galaxy S20+ et Galaxy S20 Ultra, lancés le 11 février 2019 par Samsung, ne présente pas d’innovations fracassantes. Mais à y creuser de près, ils dévoilent une nouveauté importante : l’incorporation de l’eSIM (Embedded SIM) dans les trois modèles. Une intégration qui sonne comme un changement majeur dans la stratégie de la marque coréenne de nature à accélérer la bascule du marché des mobiles vers cette technologie.

Google, pionnier

L’eSIM (Embedded SIM) se présente, non plus comme une carte amovible, mais comme un module électronique embarqué dans le téléphone comme les autres composants électroniques. Plus besoin de se procurer une carte SIM auprès de l’opérateur mobile. Plus besoin de la changer pour passer à un autre opérateur. L’activation et le changement d’abonnement se font par téléchargement et mise à jour de données à distance dans le module. Cette technologie vise à faciliter aux utilisateurs la souscription et le changement de services mobiles.

Google a été le premier constructeur à l’adopter sur ses smartphones Pixel 2 en 2017. Il a été suivi en 2018 par Apple pour sa génération d’iPhone XR, iPhone Xs et iPhone Xs Max. Le fait que Samsung, numéro un mondial du marché en volume, l’embarque à son tour donne signal fort de transition du marché.

La marque coréenne avait déjà fait un premier pas en 2019 en embarquant l’eSIM dans son smartphone pliable, le Galaxy Fold. Mais pas dans ses Galaxy S10, Galaxy S10+ et Galaxy S10e. L’intégration de la technologie dans les trois modèles du nouveau Galaxy S20 ainsi que dans son nouveau smartphone pliable, le Galaxy Z Flip, traduit une volonté de la généraliser à tous ses smartphones haut de gamme.

Prochain adepte, Nokia ?

"Il est probable que Samsung étendra l’eSIM à sa gamme Galaxy Note, plus tard cette année ou l'année prochaine, explique à L’Usine Nouvelle Phil Sealy, analyste au cabinet ABI Research. Il pourrait être imité par HMD qui a récemment déposé auprès de l'EUIPO, l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle, un brevet, qui signifierait la prise en charge de l’eSIM dans ses futurs smartphones Nokia. LG, ZTE, Xiaomi, Sony et Huawei figurent parmi d'autres constructeurs qui se tourneront sans aucun doute vers cette technologie dans un proche avenir pour leurs smartphones phares."

Google et Apple intègrent un module eSIM de STMicroelectronics. Selon Phil Sealy, Samsung a toutes les chances de faire appel à une solution développée en interne par Samsung LSI, sa division de circuits intégrés électroniques. Mais il doit faire appel à un prestataire de services d’abonnement et gestion à distance. " Ce partenaire n’est pas connu à ce stade, note l’analyste d’ABI Research. Mais, il y a de fortes probabilités à ce qu’il soit Gemalto ou Giesecke+Devrient. "

Le marché des mobiles n’en est encore qu’au début de sa transition. Selon ABI Research, 143 millions de smartphones munis de l’eSIM ont été écoulés en 2019, en provenance principalement d’Apple et Google, soit un peu plus de 10% du total des ventes de smartphones. Et le chiffre pourrait grimper entre 228 et 250 millions en 2020 selon que Samsung étende ou non la technologie eSIM à son prochain Galaxy Note 20 qui sera dévoilé à l’été 2020.

Seconde vague d'impact sur le marché

Mais pour les fournisseurs de cartes SIM amovibles traditionnelles comme Gemalto (groupe Thales), Imedia ou Giesecke+Devrient, l’heure de la transformation a plus que sonné. Depuis deux ans, ils souffrent du marasme qui frappe ce marché. " Le déclin du marché des cartes SIM amovibles n'est pas dû à un impact de l’eSIM, mais plutôt à des conditions de marché spécifiques dans des pays clés comme l'Inde, la Chine et l'Indonésie, précise toutefois Phyl Sealy. A cela s’ajoute la réduction du taux de remplacement de la carte SIM en raison de la mise sur le marché de smartphones vedettes toujours plus coûteux et donc utilisés plus longtemps. "

Selon l’analyste d’ABI Research, il n’existe aujourd’hui aucun opérateur mobile supportant exclusivement la technologie eSIM. C’est pourquoi Samsung, comme Google et Apple, embarque une solution hybride combinant un module eSIM et un emplacement de carte SIM traditionnelle. Histoire de laisser aux opérateurs télécoms le temps de s’adapter. " Pour cette raison, l'impact de l’eSIM arrivera en seconde vague quand les constructeurs arrêteront de prévoir un emplacement de cartes SIM traditionnelles dans leurs smartphones, prévoit Phil Sealy. Les principaux fournisseurs de cartes SIM doivent faire la transition de leurs modèles, en passant d'une source de revenus ponctuelle tirée par la fourniture de matériels à une source de revenus récurrente provenant de plateformes de services eSIM de souscription et gestion à distance du cycle de vie. " Voilà les Gemalto, Imedia et autre Giesecke+Devrient prévenus.

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