Faudra-t-il, comme lors du premier confinement avec les masques, surblouses et autres paquets de farine, substituer une partie des emballages de vaccins contre le Covid-19 par des solutions innovantes? "Nous ne sommes pas un fournisseur habituel des flacons pour les vaccins, mais nous nous tenons prêts", affirme Laurent Zuber, directeur commercial France de SGD Pharma, faisant référence aux risques de rupture de contenants en verre destiné aux vaccins .
A l’heure où le calendrier de la commercialisation des sérums se précisent, l’ex-Saint-Gobain Desjonquères, qui intervient déjà dans la fabrication d’emballages pour les produits pharmaceutiques, répondra présent en cas de besoin, dans cette organisation inédite d'une campagne de vaccination à l'échelle mondiale. L’entreprise, dont les usines françaises sont spécialisées dans la production de verre moulé, se positionne comme alternative aux fournisseurs européens aujourd’hui en première ligne, comme l’allemand Schott ou l’italien Bormioli, qui produisent le verre dit "étiré" ou "tubulaire" des flacons unidoses (1 à 5 ml) souhaités par les laboratoires.
Du verre moulé pour du multidose ?
"Historiquement, les vaccins sont conditionnés dans ces flacons, explique Laurent Zuber, mais cette production pourrait ne pas suffire." Et si les vaccins contre le Covid-19 font la razzia prévue sur les capacités de production, l’hypothèse d’un risque de rupture d’emballages à destination des autres médicaments n’est pas non plus à écarter.
Ceux en verre moulé proposés par SGD pharma viendraient donc en renfort, avec des contenances à partir de 5 ml, pour du multidose. Le process du verrier ne permet pas de descendre en dessous. Dans son usine de Saint-Quentin la Motte (Somme), les flacons en verre moulé sont fabriqués en un seul procédé continu : les matières premières sont fondues en verre dans un four, puis coupées en gouttes de verre (paraison) et formées en flacons. "De par la complexité de ce process, il est plus difficile de produire de petites contenances", explique Laurent Zuber. Dans le cas du verre « étiré », la matière en fusion est formée en tube. Après refroidissement, elle est coupée en cannes d’un mètre cinquante de long, redécoupées pour former des flacons.
Verre type 1
Essentielle aussi, la qualité du matériau. SGD Pharma, comme ses concurrents, utilisent un verre type 1 (sur 3). "Le plus pur", précise Laurent Zuber. Composé de silice et de borates, cette composition appelée "borosilicate" possède un faible coefficient de dilatation thermique. Elle est aussi particulièrement résistante aux changements brutaux de température. Un atout vis-à-vis de laboratoires déjà clients, comme Pfizer ou Sanofi, qui ont déjà validé ce verre dans le cadre de précédents collaborations. Et une étape réglementaire en moins qui leur permettrait, en cas d’urgence, de s’approvisionner rapidement.
Outre la France, où SGD Pharma est présent avec deux usines, à Saint-Quentin la Motte et à Sucy-en-Brie (Val-de-marne), l’industriel est implanté en Allemagne, en Chine et en Inde. L'entreprise, qui compte 3 000 employés, a réalisé un chiffre d’affaire de 339 millions d’euros en 2019. Elle est détenue, depuis 2016, par le fonds chinois JIC (China Jianyin Investment).



