C’est l'euphorie chez TSMC. Le groupe taïwanais, plus grand fondeur mondial de puces, a clôturé 2020 avec les meilleurs résultats de son histoire. Alors que son marché a progressé de 20 %, il se targue d’un bond de son chiffre d’affaires de 31,4 % à 45,51 milliards de dollars. Le bénéfice net s’affiche en hausse de 50 % à 17,61 milliards de dollars, faisant de TSMC l’entreprise électronique la plus profitable au monde avec une rentabilité nette de 38,7 %, loin devant Intel (26 %) ou Apple (21 %).
Succès de l'iPhone 12
La direction explique ces beaux résultats par le boom des smartphones 5G, du calcul à hautes performances (PC et serveurs) et de l’Internet des objets. Ses performances reflètent celles de certains de ses grands clients. Alors que le marché des semi-conducteurs a augmenté de 7,3 % selon Gartner, la croissance atteint +31,5 % pour Qualcomm, +37,7 % pour Nvidia, +38,3 % pour MediaTek et +41,3 % pour AMD.
TSMC bénéficie du succès de l’iPhone 12, dont il fabrique le processeur A14 Bionic, ainsi que de la nouvelle puce M1 d’Apple qui commence à remplacer les processeurs d’Intel dans les Mac. S’il a perdu au quatrième trimestre tout revenu en provenance de Huawei, son deuxième plus gros clients après Apple, il a tiré profit de l’effort d’accumulation des stocks de composants du géant chinois de télécoms avant l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines à la mi-septembre 2020.

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La fête ne semble pas près de s’arrêter puisque la direction anticipe en 2021 une croissance autour de 15 %, tirée notamment par l’arrivée d’un nouveau grand client, Intel, qui a décidé de sous-traiter auprès de TSMC la production d’une partie de ses nouveaux processeurs pour PC et serveurs pour accéder aux technologies nec plus ultra de fabrication, comme le fait son challenger AMD. Les perspectives à long terme s’annoncent alléchantes au point de pousser la direction à revoir à la hausse ses prévisions sur les cinq années à venir. Elle s’attend désormais à une croissance composée de 10 à 15 % par an d’ici 2025, contre 5 à 10 % auparavant.
Plus gros investisseur en 2021
Pour préparer cette croissance future, TSMC prévoit d’investir 25 à 28 milliards de dollars en 2021, contre 17,2 milliards de dollars en 2020, ce qui devrait en faire le plus gros investisseur dans les semi-conducteurs cette année, un titre détenu jusqu’ici par le coréen Samsung grâce à son activité à forte intensité d’investissement dans les puces mémoires. Cet effort ira à 80 % aux technologies avancées de production de 7, 5 et 3 nanomètres.
Aujourd’hui, sa technologie la plus avancée utilise une gravure de 5 nanomètres à la lithographie aux ultraviolets extrêmes. Selon le directeur général Charles Wei, le développement de la génération suivante de 3 nanomètres est sur la bonne voie avec la perspective de mise en production pilote en 2021 et production de volume au second semestre 2022, et la promesse d’améliorer de 70% la densité, 10% les performances et 30% la consommation d’énergie, et ce sans changer la structure FinFET, c'est-à-dire en trois dimensions, du transistor. "Notre technologie de 3 nanomètres sera la technologie de fonderie de puces la plus avancée en termes de performances, consommation et miniaturisation, et de technologie de transistor lorsqu'elle sera introduite, promet-il. Ainsi, nous sommes convaincus qu’elle sera un autre nœud technologique important et durable pour TSMC."



