La crise dans le secteur de la construction n’épargne pas Weisrock Vosges, souvent présenté comme la Rolls de la fabrication de poutres en bois lamellé-collé. L’entreprise basée à Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) a annoncé le 5 novembre l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce d’Epinal.
L’entreprise de 98 salariés, filiale du groupe vosgien Morlot, s’apprête à engager un plan de sauvegarde de l’emploi qui aboutira à la suppression de 30 postes. Weisrock Vosges explique avoir subi des impayés de la part de clients représentant près de 3% de son chiffre d’affaires annuel de 18 millions d’euros en 2023.
Laurent Morlot, président du groupe éponyme évoque le placement en liquidation judiciaire d’importants charpentiers «avec lesquels nous avions l’habitude de travailler» et regrette que «le made in France ne soit pas au rendez-vous, avec des clients qui préfèrent acheter leurs poutres 5% moins cher en Allemagne ou en Autriche».
Poutres courbées de longue portée
Weisrock Vosges semblait plutôt prospérer ces dernières années, passant d’une soixantaine de salariés en 2020 à un pic à 118 salariés en 2023. Pour traverser la conjoncture actuelle sur le marché de la construction, son dirigeant entend recentrer ses activités vers la fabrication de poutres courbées de longue portée, une spécialité qui représenterait un avantage concurrentiel. «Nous allons concevoir dans nos ateliers les poutres les plus complexes et acheter les poutres simple, droites, chez nos voisins», résume Laurent Morlot.
Ce n’est pas la première passe difficile que traverse l’entreprise fondée en 1871. Placée en redressement judiciaire en novembre 2018, Weisrock Vosges avait été repris en avril 2020 par le groupe Jules Cunin à Contrexéville (Vosges). Le repreneur avait placé à la tête de sa nouvelle filiale Laurent Morlot qui a lui-même racheté Jules Cunin deux ans plus tard, fondant ainsi un groupe spécialisé dans la construction de plus de 400 salariés aujourd’hui (chiffre d’affaires de 80 millions d’euros).



