«Obtenir les crédits pour investir en France n’est pas toujours évident», reconnaît Franck Baron, le directeur général pour la France, la Belgique et l’Afrique du leader mondial des câbles, l’italien Prysmian. Certes, le pays du TGV et du Rafale possède un coût élevé du travail et des règlementations parfois complexes, mais produire dans l’Hexagone ne se résume pas qu’à ça, estime le dirigeant. L’expertise tricolore doit être prise en compte.
«La France redevient compétitive quand il existe un savoir-faire de production, et c’est le cas pour le câble», assure Franck Baron qui souligne l’importance de produire «bon du premier coup». Il explique : «Quand une production comporte un défaut, c’est à la fois du temps de conception et de production perdus, mais aussi de la matière. Le coût va bien au-delà de ce qui se fait dans un pays où la main d’œuvre est dix fois moins chère».
Investissements en hausse
Installée en 2005 après l’acquisition des activités câbles énergie et de télécommunication de son compatriote Pirelli, Prysmian compte depuis neuf usines sur le territoire. Sa production couvre un large spectre de produits : câbles infrastructures, de fibre optique, modèles «spéciaux»… sans oublier les accessoires de raccordement. Le groupe emploie près de 2600 personnes dans l’Hexagone. Un nombre croissant qui suit des investissements en hausse.
Pour la période 2020-2026, l’industriel a annoncé une enveloppe de 137 millions d’euros (dont 5 millions d’euros d’aides publiques) destinés à son site de Gron (Yonne) - le centre d’excellence monde pour ses câbles haute tension- et à celui de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et Marne) où se trouve l’une des plus importantes usines du groupe.

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Prsymian Prysmian compte neuf usines en France où il produit un large éventail de produits : câbles infrastructures, de fibre optique, pour télécoms, modèles « spéciaux »… et accessoires de raccordements.
L’entreprise milanaise qui a réalisé plus de 17 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2024 ne compte pas s’arrêter là. «Deux, voire trois investissements équivalents sont à l’étude pour les prochains mois», glisse le directeur général. Le pays de «la fée électricité» ne manque pas d’attractivité. Sa filière électrique «exceptionnelle» comprenant des leaders mondiaux à l’instar de Rexel, Schneider, Equans, Eiffage… contribue à l’essor du marché. Un marché qui est d’ailleurs le second de Prysmian, après celui des Etats-Unis.
Pérennité et solvabilité garanties
La France est aussi synonyme de stabilité. La gouvernance énergique étatique est un sérieux atout pour l’industriel. «On n’a pas à s’inquiéter de la pérennité de nos clients», reconnait Franck Baron à propos de RTE et d’Enedis. Le groupe profite également de la vision long terme de l’Etat et d’EDF. «Quand RTE nous attribue un contrat sur les 3-4 années à venir, il nous donne de la visibilité. Cela nous permet de nous projeter et d’investir».
Fiable et rassurante, la France dispose en outre d’infrastructures de qualité, notamment pour les transports. Un plus pour l’entreprise qui exporte un tiers de sa production, notamment vers Allemagne. Enfin, c’est tout simplement sur ses équipes que le fabricant de câbles capitalise. Malgré les événements sociaux occasionnels, le patron observe un engagement notable des hommes et des femmes employées. «Il y a un profond engagement de la part des managers et des opérateurs. Cet état d’esprit contribue à faire qu’on a tous envie que ca marche». Un paramètre à ne pas négliger lorsqu’il s’agit de calculer le «vrai» coût du travail par rapport à d’autres contrées plus éloignées.



