Lors de la présentation de ses résultats 2019, le 28 janvier 2020, AMD a laissé miroiter une croissance de son chiffre d’affaires aux alentours de 42% au premier trimestre 2020 et de 29% sur l’ensemble de l’année. La crise du Covid-19 a depuis pris une telle ampleur qu’elle va inévitablement contrecarrer ces projections. La PDG de l’entreprise, Lisa Su, a été curieusement muette sur le sujet. Mais elle ne pourra pas éviter la question lors de l’événement dédié aux investisseurs, le 5 mars.
TSMC, devenu principal fondeur d'AMD
Les investisseurs s’interrogent sur les effets de l’épidémie sur le seul challenger d’Intel dans microprocesseurs X86, au cœur de l’écrasante majorité des PC et serveurs. Sur le blog boursier Seeking Alpha, l’analyste financier Kwan-Chen Ma livre une estimation minimale de ce que le nouveau coronavirus pourrait coûter à l’entreprise.
AMD, qui compte plus de 10000 salariés dans le monde et a affiché un chiffre d’affaires de 6,73 milliards de dollars en 2019, en hausse de 4%, apparaît particulièrement exposé. Avec son modèle "fabless" (sans usines) centré sur l’Asie, il devrait pâtir bien plus que son grand rival Intel, qui fabrique en interne 100% de ses microprocesseurs pour PC et serveurs. Pour se mettre aux technologies de production top niveau, il a migré la fabrication de ses dernières générations de puces du fondeur américain GlobalFoundries vers le taïwanais TSMC, devenu son principal fondeur, avec de nombreux prestataires de test, d'assemblage et de packaging en Chine.

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Le précédent du SRAS
Selon Kwan-Chen Ma, AMD dépend de la Chine à 26% pour son chiffre d’affaires et à 30% pour sa chaîne logistique. Il rappelle que la crise du SRAS en 2003 lui a coûté 10% du chiffre d’affaires et 14% des bénéfices. "Aujourd'hui, en raison de la fermeture généralisée des usines et de la mise en quarantaine des villes, la production et les ventes en Chine seront sérieusement entravées, explique-t-il. Il est largement admis que l'impact négatif du coronavirus est pire que celui du SRAS, étant donné que l'ampleur de la pertinence et de la dépendance de la Chine a considérablement augmenté depuis 2003. Il est donc raisonnable de s’attendre à des dommages du coronavirus de plus de 10% sur le chiffre d’affaires et de plus de 14% sur les bénéfices."
A l’époque du SRAS, AMD reposait à 100% sur GlobalFoundries pour la fabrication de ses puces. Aujourd’hui, l’entreprise s’appuie surtout sur TSMC et dépend davantage de la Chine, tant pour sa chaîne logistique que pour ses revenus avec des clients devenus importants comme Huawei, Lenovo, Inspur, ZTE, Alibaba, Tencent ou encore Baidu. Tout cela fait dire à l’analyste que l’impact négatif du Covid-19 sera bien plus important que celui du SRAS.
Impact temporaire
Pour Kwan-Chen Ma, la bonne nouvelle est que cet impact sera temporaire, limité au premier semestre 2020. Ensuite, AMD devrait reprendre son niveau d’affaires comme prévu, voire accélérer pour rattraper le retard. Son modèle fabless lui donne la flexibilité pour le faire.



