Le constructeur français de véhicules logistiques Gaussin passe sous gouvernance tchèque

Après quelques turbulences, le constructeur de véhicules logistiques et portuaires Gaussin entend retrouver une certaine stabilité en passant sous gouvernance tchèque. La situation, officialisée le 18 juin en conseil d’administration, s'accompagne d'une restructuration de l'activité du groupe. 

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Gaussin - APM
Le groupe Gaussin compte 400 salariés au total, dont 80 à Héricourt (Haute-Saône).

C’est officiel, Bercy a validé l’entrée du groupe tchèque CSG au capital du groupe Gaussin (35,7 millions d’euros de chiffre d’affaires 2023 - 400 salariés), constructeur de véhicules logistiques basé à Héricourt en Haute-Saône. Cette décision a conduit à la tenue d'une assemblée générale et d'un conseil d’administration, le 18 juin, qui ont retiré la présidence de l’entreprise à Christophe Gaussin, qui reste directeur général de l'entreprise familiale.

La présidence de l'entreprise est désormais occupée par un représentant du groupe CSG. C'est aussi le cas pour les quatre autres places au conseil d'administration, aux côtés de l’ancien dirigeant. «L’arrivée de quatre nouveaux administrateurs s’est accompagnée de la fin de mission de deux anciens responsables qui participaient à une crise de gouvernance à cause de désaccords stratégiques. La situation devrait être plus apaisée» veut croire Arthur Denez, porte-parole du groupe Gaussin.

Opérer un certain délestage

Ce changement de gouvernance s’accompagne d’une stratégie de recentralisation des activités autour des véhicules logistiques et portuaires. En ce sens, Gaussin, détenteur de 51% des parts de Gama (1,6 million d’euros de chiffre d’affaires 2023 - 130 salariés), entreprise dont le siège est à Villeurbanne (Rhône), dédiée à la mobilité autonome et zéro émission pour le transport de personnes et de marchandises, a cédé ses parts à son partenaire Macnica. «L’opération a été validée par le tribunal de commerce début juin 2024 et permet de faire rentrer du cash pour financer une partie du plan de sauvegarde et la restructuration de l’entreprise» souligne Arthur Denez.

En plus de son implication sur les véhicules autonomes, le groupe Gaussin met aussi en pause ses activités liées à l’hydrogène et va se retirer de l'activité principale de Métalliance, qui fabrique notamment des engins pour les travaux en tunnels (23,8 millions d’euros de chiffre d’affaires 2023 - 180 salariés), tout en conservant son implication dans l'activité logistique sur le site de Saint-Vallier (Saône et Loire). «Nous voulons garder les stocks pour l’assemblage des véhicules» résume le porte-parole.

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Gaussin présentera son plan de continuité au tribunal de commerce en septembre prochain, en mettant l’accent sur la stratégie de recentrage et les modalités prévues pour épurer sa dette.

Une majorité à confirmer

«Pour résumer l’historique, le rapprochement entre Gaussin et CSG date de mars 2023. CSG désirait entrer au capital avec 15 millions d’euros et apporter 15millions d’euros d’aide à la trésorerie pour garantir la production de véhicules pour un important client américain de la logistique» rappelle Arthur Denez. Le partenaire européen avait toutefois besoin de l’autorisation de Bercy pour prendre des parts et le contrôle de Gaussin, reconnue comme une activité stratégique pour le gouvernement. «L’autorisation est arrivée en avril dernier à condition que les emplois et les savoir-faire restent en France» détaille le porte-parole.

Désormais à la tête de 20% du capital de Gaussin, CSG pourrait devenir majoritaire si le groupe convertissait ses 15 millions d’euros de prêt en action. Pour l’heure, les petits porteurs continuent à détenir 80% du capital.

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