Jusqu’où pourrait aller le cloud public d’infrastructure (IaaS pour infrastructure as a service et PaaS pour Platform as a service) ? C’est la question que se pose le cabinet IoT Analytics. Porté par une croissance annuelle supérieure à 30%, le marché mondial a atteint 157 milliards de dollars en 2021. Il est dominé à 71% par les trois géants américains Amazon, Microsoft et Google, selon le cabinet Synergy Research.
Le cloud public d’infrastructure consiste à mutualiser les ressources de calcul, stockage et réseaux dans de gigantesques datacenters pour offrir des services d’infrastructure à la demande, payables à l’usage. Cela évite aux clients d’investir dans des serveurs et d’entretenir des datacenters en propre. Le cloud privé reprend le même principe de services d’infrastructure à la demande et de paiement à l’usage, mais avec des ressources dédiées à chaque client.
Le cloud public d’infrastructure reste le segment le plus important et le plus dynamique du marché. D’autant qu’il est le socle de l’autre grand segment du cloud public, celui des services de logiciel à la demande (SaaS pour software as a service) incarné par Salesforce. C’est Amazon Web Services, le bras armé d’Amazon dans le cloud, qui l’a défriché en 2006, avant d’être suivi par Microsoft Azure, puis Google Cloud Platform, et plus récemment, Alibaba Cloud. En Europe, les acteurs comme OVHcloud, T-Systems ou Orange se concentrent plutôt sur le segment de cloud privé.
Un marché loin de la maturité
Malgré ce développement de plus de 15 ans, le marché est encore loin d’avoir atteint sa maturité. En témoigne les croissances de près de 50% en 2021 de Microsoft Azure, Google Cloud et Alibaba Cloud. Selon l’étude d’IoT Analytics, seulement 15 à 25% des charges informatiques des entreprises ont migré sur le cloud public. Ce qui laisse un potentiel énorme de développement de 75 à 85%, d’autant que les charges informatiques tendent à être toujours plus voraces en ressources de calcul, stockage et bande réseau. L’enquête révèle aussi que les entreprises voient à terme 50 à 75% de leurs charges informatiques tourner sur le cloud public.
A partir de ces résultats, le cabinet dresse trois scénarios d’évolution du marché d'ici 10 à 20 ans. Le premier scénario, dit pessimiste, se fonde sur l’hypothèse que la proportion des charges informatiques des entreprises tournant sur le cloud passe de 25% en 2021 à 50% dans 10 à 20 ans. Cela amènerait le marché à près de 600 milliards de dollars dans 10 à 20 ans, près de quatre fois celui en 2021, soit un chiffre équivalent au PIB de la Suède.
Le deuxième scénario prend l’hypothèse que le marché en 2021 correspond à 15% des charges informatiques des entreprises, et que cette proportion va passer à 75% dans 10 à 20 ans. Cela conduirait le marché à environ 10 000 milliards de dollars dans 10 à 20 ans.
Montée des acteurs chinois
Le troisième scénario, jugé plus probable, retient une moyenne du taux d’adoption du cloud public de 20% par les entreprises en 2021 et 60% dans 10 à 20 ans. Cela porterait le marché aux alentours de 2 000 milliards de dollars dans 10 à 20 ans, équivalent au PIB actuel de l’Italie. C’est le scénario auquel croit le plus IoT Analytics.
Ces perspectives ont de quoi faire saliver Amazon, Microsoft et Google. Mais pas seulement. Les chinois Alibaba, Tencent, Baidu et Huawei montent rapidement sur le marché, tandis que les challengers américains IBM et Oracle, bien que relégués à des rôles d’acteurs de niche selon Synergy Research, continuent à profiter de la vague.




