La maison de champagne Besserat de Bellefon a 180 ans. A cette occasion, l’entreprise d’Epernay (Marne), qui produit 700 000 cols par an, vendus chez les cavistes et en restauration et exportés à hauteur de 30%, lance une cuvée spéciale, un assemblage de millésimes 2012 et 2015, respectivement passés en fûts de chêne et en cuves Inox.
Parmi les changements observés par l’entreprise (14 personnes), l’une des huit maisons du groupe Lanson-BCC (289,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022), figure l’impact du réchauffement climatique. «On a des vins plus concentrés, et si on veut garder de la fraîcheur, on abaisse le dosage en sucre, de manière généralisée en Champagne. Sur une dizaine d’années, nous sommes passés de 10 ou 11 grammes à 7 ou 8 grammes de sucre par litre sur le brut», observe Nathalie Doucet, sa présidente.
Des bulles plus fines
La question du dosage en sucre est au cœur de la production de Besserat de Bellefon. En 1930, le directeur du restaurant de la Samaritaine de Luxe, à Paris, a mis au défi de créer un champagne spécialement dédié à la gastronomie. L’équipe de la maison a alors réduit la quantité de sucre dans la liqueur de tirage, un mélange de vins tranquilles, de sucre et de levures, à 4,8 bars de pression au lieu de 6 bars.
«La basse pression permet d’avoir une mousse plus fine, et d’avoir un champagne plus onctueux. Cette technique est déclinée sur l’ensemble de notre gamme, et pour certaines cuvées prestige dans certaines autres maisons», explique Nathalie Doucet. Besserat de Bellefon revendique un taux moyen de 20 grammes de sucre par litre, contre 24 grammes de sucre en moyenne habituellement, ainsi que des bulles 30% plus fines qu’un champagne traditionnel.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
«En 180 ans, ce qui a le moins changé a trait au style du vin, et aux couleurs de l’entreprise. En revanche, nous allons vers davantage de recherche qualitative», poursuit la dirigeante. Même si Besserat de Bellefon s’appuie sur le groupe pour les fonctions support et la production, la maison a son propre chef de caves, en poste depuis vingt-quatre ans, et dispose de ses propres cuves. Les bouteilles sont conservées durant un minimum de trois ans en caves, contre dix-huit mois en moyenne en Champagne, «et nous approchons les cinq ans». Parmi les objectifs figure celui d’une prise de mousse plus lente, et le développement d’une mousse plus onctueuse et persistante. Pour trouver constamment le bon équilibre dans ses cuvées, la maison s’appuie, comme ses confrères, sur ses réserves perpétuelles.
Un siège restructuré en 2024
En 2019, Besserat de Bellefon a bénéficié d’une nouvelle identité visuelle et d’étiquettes renouvelées. «La maison est traditionnelle dans un sens historique, mais a toujours su se réinventer avec une pointe d’audace», commente Nathalie Doucet. En 2024, elle emménagera dans un siège entièrement restructuré, à Epernay. Des bâtiments du 17e et du 18e siècle sont en cours de rénovation. Trois suites, un bar, des bureaux et une boutique seront aménagés dans cet ensemble labellisé Patrimoine régional.



