Chronique

Le captage de CO2, solution d'avenir ou supercherie ?

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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Une machine de captage direct de CO2 qui aspire l'air avant de le faire passer à travers des filtres et des sorbants qui extraient le CO2
Une machine de captage direct de CO2 qui aspire l'air avant de le faire passer à travers des filtres et des sorbants qui extraient le CO2

C'est l'une des solutions évoquées à la COP 28 pour réduire les émissions : le captage de CO2. Plusieurs techniques de capture et stockage de carbone existant. La principale consiste à capturer directement le CO2 dans les fumées industrielles avant son évacuation dans l'atmosphère. Cela nécessite de séparer le dioxyde de carbone des autres composants (vapeur d'eau, oxygène, azote…). Ensuite on transporte par gazoduc, par camion ou via bateau ce CO2 et on le stocke.

Où ? Le CO2 est injecté dans le sous-sol. On utilise souvent d'anciens réservoirs d'hydrocarbure sous terre ou des sortes de bassins sous-marins que l’on appelle zones aquifères salins. Certains pouvaient jusque-là servir à stocker le gaz. Et le CO2 reste là. Il ne sert à rien mais au moins il ne réchauffe pas l(atmosphère. Par mesure de précaution, on envisage des solutions qui permettent d'effectuer le stockage sur des périodes pouvant atteindre des milliers d'années. La Norvège est aujourd’hui l’un des pays les plus avancés pour stocker le CO2. On devrait aussi en stocker chez nous.

C'est l'une des nombreuses solutions à disposition pour décarboner mais ce n’est en rien la panacée. Le GIEC lui-même reconnaît que cela fait partie de la panoplie. Mais il ne faut surtout pas que certains industriels pensent que c’est une sorte de droit à polluer… Emmanuel Macron vient de le rappeler en début de semaine. Pour lui, la capture de carbone pourrait permettre de retirer 10 % des émissions industrielles en 2030, soit 8 millions de tonnes de CO2. Mais attention le captage et le stockage de CO2 sera efficace pour le climat uniquement s’il est réservé aux secteurs industriels pour lesquels il n’existe aucune alternative comme par exemple dans le ciment. On est donc bien loin d’une solution miracle. Et ce qui est sûr c’est qu’il faudra plusieurs COP et surtout un peu plus de volonté pour inverser la tendance du réchauffement climatique.

Retrouvez cette chronique, et les précédentes, sur le site de France Inter

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