Lafarge investit 46 millions d'euros pour produire des ciments bas carbone dans deux sites français

Afin de produire des ciments à l’impact carbone réduit dans ses usines de Saint-Pierre-la-Cour (Mayenne) et de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône), Lafarge France va investir 46 millions d’euros. Des investissements qui suivent ceux réalisés en Haute-Garonne et qui collent aux nouvelles ambitions du groupe Holcim.

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Usine Lafarge de Saint-Pierre-la-Cour
A Saint-Pierre-la-Cour, Lafarge va poursuivre ses investissements dans l'une de ses principales cimenteries.

Le producteur de matériaux de construction Lafarge France (4 200 personnes, 470 sites industriels) a annoncé jeudi 10 mars son intention d’investir 46 millions d’euros pour produire des ciments « bas carbone » et « très bas carbone » dans deux usines. La filiale française du groupe Holcim compte mobiliser dès cette année 40 millions d’euros dans sa cimenterie de Saint-Pierre-la-Cour (Mayenne), et 6 millions d’euros sur son site de La Malle, à Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône). A Saint-Pierre-la-Cour, une nouvelle ligne de production sera dédiée à ces produits, réalisés à base d’une technologie brevetée (baptisée ProximaTech zero), tandis qu’à Bouc-Bel-Air, l’usine sera adaptée pour répondre aux besoins du projet.

Une nouvelle stratégie environnementale

Ces investissements s’inscrivent dans le cadre de la stratégie d’accélération de la croissance verte à l’échelle du groupe Holcim. A horizon 2025, 25% des ventes de béton prêt à l’emploi devront être issues de la gamme « EcoPact », lancée il y a trois ans autour de produits dits « bas carbone ». En France, la modernisation des outils industriels doit y contribuer. A cette même date, la nouvelle division Solutions & Produits d’Holcim, dédiée aux matériaux hors ciment, béton et granulats et à la rénovation, devra atteindre 30% du chiffre d’affaires. En France, l’acquisition en cours de PRB (enduits de façade et revêtements) y contribue, tout comme les prises de participation dans XTreeE (impression 3D pour l’habitat) et CCB Greentech (prémurs en béton de bois).

En janvier, Lafarge France avait par ailleurs lancé le rachat de l’acquisition de l’activité Carrières du groupe Famy (six sites en Auvergne-Rhône-Alpes). Des implantations qui seront mises à profit pour développer des activités de recyclage, conformément à l’objectif groupe de 10 millions tonnes de déchets de démolition recyclés dans les produits. « En France, on fait quelques centaines de milliers de tonnes », reconnaît François Petry, directeur général de Lafarge France.

De nouveaux produits « bas carbone »

Lafarge France va aussi mettre le turbo sur le lancement de nouvelles références estampillées « bas carbone ». « Ces dernières années, nous pâtissions un peu d'une certaine lenteur quant à la mise sur le marché de nouveaux produits. Désormais, on n’attend plus une fois que nous avons les autorisations », explique François Petry. L’entreprise compte, à l’Isle d’Abeau (Isère), le premier centre de recherche et développement au monde consacré aux matériaux de construction. En 2022, un ciment CEM II/C sera lancé depuis l’usine de Sète (Hérault), ainsi qu’un ciment CEM VI, une première en France. Deux nouvelles générations de ciment au taux de clinker abaissé.

Le fabricant a également annoncé, sans date de commercialisation, avoir testé un liant au taux de clinker abaissé et sans laitier. « Les aciéries vont passer à l’électrique. Nous devons réduire notre dépendance à des produits comme les laitiers. Nous travaillons actuellement sur le comportement des matériaux », justifie François Pétry. Des procédures de certification et d’évaluation ont été lancées.

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