Les procédés industriels se décarbonent (aussi) grâce au solaire thermique. A Verdun (Meuse), l’usine Lacto Sérum France, filiale du géant Lactalis, inaugure ce vendredi 8 décembre, aux côtés de son fournisseur d’énergies renouvelables, le bordelais Newheat, la plus grande centrale solaire thermique de l’Hexagone. Ses 15 000 m² de panneaux solaires ont été mis en place sur un foncier de 5 hectares loué à une centaine de mètres de l’usine où travaillent 140 personnes.
L’installation de 12,4 mégawatts crêtes a été dimensionnée pour fournir 6% de la chaleur nécessaire aux procédés du site meusien (chiffre d’affaires de 124 millions d’euros en 2022). L’usine produit de la poudre de lactosérum, un additif alimentaire obtenu par déshydratation d’un résidu de la fabrication de fromage, également appelé sérum ou petit-lait. La fourniture annuelle de 8 000 mégawattheures de chaleur renouvelable permettra de préchauffer l’air de ses équipements de déshydratation, le complément pour atteindre les 160°C étant apporté par des chaudières classiques au gaz.
Energie renouvelable low-tech
Hugues Defréville, le président de Newheat, mesure le chemin parcouru depuis le lancement du projet il y a cinq ans, en parallèle de l’investissement de Lactalis dans une nouvelle tour de séchage à Verdun. «Aujourd’hui, LactoSérumFrance bénéficie d’un temps d’avance sur les grandes orientations du Gouvernement qui entend prioriser le solaire thermique dans sa prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie», pointe le président de Newheat. Le dirigeant met également en avant la technologie «low tech» – autrement dit, simple et robuste – des panneaux solaires thermiques.
L’investissement de 6 millions d’euros a été cofinancé à 55% par l’Ademe, dans le cadre de son appel à projets «Grandes installations solaires thermiques» et a reçu le soutien du groupement d’intérêt public Objectif Meuse et de la Région Grand Est pour un peu plus de 500 000 euros au total.
Newheat, une PME de 45 personnes fondée en 2015 (chiffre d’affaires de 5,2 millions d’euros en 2022), entend faire de ses installations meusiennes – la cinquième centrale solaire thermique à son actif – une vitrine de son savoir-faire industriel, mais aussi financier. Elle vient d’ailleurs de boucler une levée de fonds de 30 millions d’euros, avec l’objectif de construire quinze fermes solaires dans les trois ans à venir.
A Verdun, le montage du projet et son exploitation ont été confiés à Lactosol, une société ad hoc détenue à 51% par Newheat et 49% par les fonds pour la transition énergétique des régions Occitanie (Arec), Rhône-Alpes (Oser ENR) et Nouvelle Aquitaine (Terra Energies). L’entreprise s’est engagée par contrat à alimenter Lacto Sérum France en chaleur renouvelable pendant une durée de vingt-cinq ans.



