Les constructeurs automobiles subissent de plein fouet les effets de l’épidémie de coronavirus… Avec des destins contrastés.
Dans une étude comparative publiée jeudi 11 juin, le cabinet EY estime que le chiffre d’affaires des 17 plus grands groupes mondiaux a reculé de pratiquement 9% au cours du premier trimestre 2020, à un total d’un peu plus de 385 milliards d’euros, soit un retour au niveau atteint en 2016.
La rentabilité globale de ces sociétés a quant à elle chuté à 2,1% sur la période, "un plus bas niveau historique depuis dix ans", estime le cabinet. En 2019, la marge des constructeurs grimpait encore à 4,6%, mais déjà loin du record de 6,5% enregistré en 2017.
"Cette marge EBIT cumulée de 2,1% est très fragile. Il n’est pas exclu que cet indicateur passe à zéro, voire devienne négatif au trimestre suivant", analyse Jean-François Belorgey, responsable de l’automobile au sein du cabinet EY et auteur de l’étude. Et ce, d’autant que les marchés européen et nord-américain n’avaient pas encore connu leur plus bas niveau au cours du premier trimestre. Sur le Vieux Continent, c’est en avril que les ventes de voitures particulières neuves ont chuté le plus durement. Selon l’Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), elles se sont écroulées de 76,3% à un peu plus de 270 000 unités, contre un recul de 55,1% en mars, avec un total de 567 300 voitures.

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Plus gros recul du chiffre d’affaires pour Renault et PSA
Mais tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Sur trois des quatre critères pris en compte par EY – chiffre d’affaires, ventes, et résultat d’exploitation (EBIT) – c’est Toyota qui occupe la première place. Symbole : le fabricant de la Yaris a vendu plus de voitures sur la période que son concurrent historique Volkswagen – 2,3 millions contre un peu moins de 1,9 million. Pourtant, c’est BMW qui affiche le meilleur niveau de rentabilité, avec une marge de 5,9%. Là encore, Toyota n’est pas loin (5,4%) et talonné par le petit groupe japonais Suzuki (5,2%). Toujours en Asie, les deux coréens Hyundai et Kia font partie des rares groupes à avoir vu leur chiffre d’affaires croître sur la période.
Tesla semble quant à lui insensible à la crise. Le constructeur de voitures électriques a vu ses ventes bondir de 40% entre janvier et mars à 88 000 unités, certes bien loin derrière ses concurrents. Idem pour son chiffre d’affaires, en hausse de 32% à un peu plus de 5,4 milliards d’euros, tandis que sa marge atteint 4,7% du chiffre d’affaires sur la période, quand elle était négative (-10,5%) en 2019. Le groupe d’Elon Musk a profité de l’accélération de la bascule mondiale vers le véhicule électrique, et de sa maîtrise de longue date des nouvelles méthodes de distribution des véhicules – directement au consommateur via internet.
A l’inverse, ce sont les deux constructeurs français Renault et PSA qui ont enregistré la plus forte contraction de leur chiffre d’affaires au cours des trois premiers mois de l’année, avec un recul de 17%, contre une moyenne à 8,9% et seulement -5,4% pour les groupes allemands. Au total, "ce sont les groupes les plus diversifiés géographiquement ainsi que dans leur gamme de produits, et bénéficiant d’une taille critique importante, qui résistent le mieux en période de crise", met en avant Jean-François Belorgey. Autant de sujets sur lesquels Renault comme PSA travaillent, en cherchant respectivement à rebâtir l’Alliance avec Nissan et à s’allier avec Fiat-Chrysler (FCA).



