Le coronavirus peut-il gripper les ventes de véhicules électrifiés – électriques et hybrides ? En début d’année, le passage aux 95 grammes de CO2 par véhicule et kilomètre en Europe a fait exploser leurs immatriculations. Et pour cause : en cas de non-respect de ce seuil, les constructeurs automobiles s’exposent à de lourdes pénalités. Bilan, les ventes de voitures particulières neuves électriques et hybrides rechargeables ont plus que doublé en Europe au cours des trois premiers mois de l’année, à un total de 167 000 unités, d’après l’Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). Sur la même période, les ventes d’hybrides simples ont, elles, cru de 45%, à plus de 232 000 véhicules.
Mais c’était sans compter l’épidémie de coronavirus, qui a mis au tapis la production et les ventes de voitures en Europe et dans le monde.
En avril, les immatriculations de voitures particulières se sont écroulées de 76,3% sur le Vieux Continent. Et "la reprise semble très molle", indiquait il y a peu le directeur général de la Plateforme automobile (PFA), Marc Mortureux. D’après lui, les acheteurs pourraient décider de retarder leur achat automobile, et consacrer leur budget à d’autres priorités. De quoi toucher les modèles électriques, dont le coût reste encore supérieur à des voitures thermiques essence ou diesel équivalentes ?
Un rebond des ventes en V ?

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Dans une étude publiée à la mi-mai, BloombergNEF envisage plusieurs scénarios. Le plus probable, selon les auteurs de l’étude, prévoit effectivement une baisse des ventes mondiales de voitures électriques en 2020 de 18% par rapport aux volumes de 2019. Mais "ce scénario prévoit une reprise en forme de V. Les ventes de véhicules électriques devraient rebondir à 2,6 millions d’unités en 2021, et 4 millions en 2022", précise BloombergNEF, pour qui le coronavirus ne devrait pas remettre en cause la tendance de long terme à l’électrification de l’automobile. "Il faut voir ce que fera le consommateur dans les mois à venir", prévient toutefois Xavier Mosquet, directeur associé senior au BCG.
"Les clients pourraient se montrer plus frileux et se rabattre vers des choix plus conventionnels. Auquel cas, les pouvoirs publics des pays européens devront mettre en place un programme d’incitation pour maintenir la dynamique", estime le spécialiste du secteur. En France, le plan de soutien à l’automobile détaillé à la fin du mois de mai comprend ainsi plusieurs mesures visant à accompagner les acheteurs de véhicules électrifiés. Le bonus pour l’achat d’un véhicule électrique doit passer à 7 000 euros pour les particuliers et à 5 000 euros pour les entreprises, tandis que les véhicules hybrides rechargeables sont désormais éligibles à une aide de 2 000 euros.
En Allemagne, le plan de relance à 130 milliards d’euros, dévoilé jeudi 4 juin, prévoit également des primes pour l’achat de véhicules électriques et hybrides rechargeables. En parallèle, le pays va investir 2,5 milliards d’euros supplémentaires dans le déploiement des bornes de recharge. A la différence de la France, le gouvernement allemand a décidé de concentrer tous ses efforts sur ces nouvelles motorisations, et refusé d’intégrer des mesures de soutien aux véhicules essence et diesel. Il s’agissait pourtant d’une demande de l’industrie automobile allemande… Et française, à laquelle l’exécutif tricolore a pour sa part décidé d’accéder, malgré les promesses d’un plan de soutien "vert".



