En prévoyant dans le plan de relance 6,7 milliards d’euros sur deux ans pour la rénovation énergétique des bâtiments, le gouvernement ne va pas lever tous les freins. Il devrait néanmoins donner l’impulsion nécessaire pour lancer la rénovation du tertiaire et passer, pour les logements privés de rénovations partielles visant seulement la baisse de la consommation d’énergie, à des rénovations plus globales et efficaces, ayant un réel impact sur les émissions de CO2.
Quatre milliards d’euros sont fléchés vers la rénovation de bâtiments tertiaires publics, comme les écoles et les universités. Deux milliards seront consacrés aux aides directes aux particuliers, y compris, grande nouveauté, pour les copropriétés et les locations via leurs bailleurs, pour rénover leur logement. 500 millions d’euros sont également prévus pour la rénovation lourde des logements sociaux et 200 millions d’euros pour aider les TPE et PME, essentiellement des secteurs du tourisme et de l'agriculture.
Ma Prime Renov pour tous y compris en copropriété
Comme toujours, la réussite du plan dépendra de l’exécution. Il faudra encore attendre quelques jours, voire semaines, pour connaître les nouveaux critères d’accès à Ma Prime Renov, dont l’enveloppe n’était que de 390 millions d’euros par an. A partir du 1er janvier 2021, elle sera, comme c’était le cas avec l’ancien crédit d’impôt à la transition énergétique (CITE), ouverte à tous les foyers, quel que soit le niveau de ressources. Cela rompt avec la logique de Ma Prime Renov qui ciblait initialement les ménages modestes et la rénovation des 4,8 millions de passoires thermiques. Ma Prime Renov sera accessible aux syndicats de copropriété et aux bailleurs. Elle pourra de plus couvrir les rénovations globales, et plus uniquement une isolation, un changement de fenêtres ou de chaudière.

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Financer des rénovations globales
Ces aides aux rénovations globales sont une des propositions fortes de la Convention citoyenne pour le climat, qui voulait pour les financer, multiplier par cinq les certificats d’économie d’énergie (CEE). On n’en est pas encore là. Les discussions pour la cinquième période de CEE avec les industriels qui les financent ne font que commencer. Mais le plan de relance devrait donner un élan, pour changer la conception et la mesure de l’efficacité de ces rénovations. Rénover 500 000 logements par an, objectif actuellement affiché, n’est peut-être plus le bon objectif.
S'attaquer aux bâtiments publics
De même, les 4 milliards d’euros sur deux ans pour initier la rénovation énergétique de 15 millions de mètres carrés de bâtiments tertiaires publics comme les écoles, les universités et les administrations, seront loin de suffire, même si on ne sait toujours pas quelles sont les surfaces concernées. La base de données de l’Observatoire de la performance énergétique, de la rénovation et des actions du tertiaire (Operat), qui sera gérée par l’Ademe et que les propriétaires de bâtiments tertiaires devront renseigner, ne sera ouverte que fin 2020.
Nécessaire articulation avec le volet formation du plan
Avec ce plan de relance, l’État donne l’exemple et permettra surtout aux professionnels de se former à ces nouvelles rénovations globales. Enfin, l’exécutif réussit l’articulation avec une autre partie du plan de relance, celle qui réserve 35 milliards pour la cohésion sociale, à l’emploi et à la formation. Car si la rénovation énergétique ne manque pas de matériaux et de technologies, elle manque de bras et de savoir-faire.



