La prochaine génération de véhicules utilitaires Renault sera bien produite à Sandouville

L’arrivée d’un nouveau véhicule utilitaire en 2026 est confirmée pour l’usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime), où vont être créés 550 nouveaux postes. Un investissement de 300 millions d’euros est également au programme.

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Visite usine Renault Sandouville 29 mars 2024 Luca de Meo Bruno le Maire Edouard Philippe
L'officialisation de l’arrivée d’une nouvelle production va de paire avec l’annonce de 550 embauches sur quatre ans (400 CDI et 150 CDD) et un investissement industriel de 300 millions d’euros.

Une «reconquête industrielle» célébrée en grande pompe. En Seine-Maritime, l’usine Renault de Sandouville était à la fête vendredi 29 mars. Le directeur général du constructeur, Luca de Meo, y accueillait le ministre de l’Economie, Bruno le Maire et le maire du Havre, Édouard Philippe. Une visite éminemment politique dans la bassin havrais pour officialiser une annonce dans les tuyaux depuis plusieurs mois : le site de production normand fabriquera à partir de 2026 une nouvelle famille de véhicules utilitaires 100% électriques, co-développée par Renault, Volvo et CMA CGM dans une nouvelle entité, Flexis.

Le premier constructeur de véhicules utilitaires en France, avec plus de 300 000 exemplaires produits en 2023, donne ainsi des perspectives à ses 2450 salariés normands (dont 1849 CDI). Car l'officialisation de l’arrivée d’une nouvelle production va de pair avec l’annonce de 550 embauches sur quatre ans (400 CDI et 150 CDD) et un investissement industriel de 300 millions d’euros. La vaste majorité de cet argent sera investi dans l’outil industriel de Sandouville, dont la bâtisse à deux étages date des années 60, mais où les installations sont dignes des standards actuels du secteur automobile.

Selon un syndicaliste croisé sur la ligne de montage, l’atelier tôlerie pourrait être modernisé tandis que les balancelles qui transportent les châssis sur la ligne d’assemblage pourraient être rehaussées (afin de pouvoir accueillir les packs batteries qui seront insérés sous le véhicule et devraient être fournis par le français Verkor).

Des sourires et des perspectives pour les salariés de Renault Sandouville

De bonne nouvelles, qui donnent le sourire au personnel du groupe Renault (à l'exception notable des représentants de la CGT) comme aux visiteurs politiques qui déambulent dans les allées de l'usine. Ce n’était pourtant pas gagné. «Il y a quelques années, il y avait un gros point d’interrogation sur la poursuite d’activité sur le site», a rappelé Luca de Meo quand Bruno Le Maire s’est remémoré sa première visite sur place, en 2008. A l’époque ministre de l’Agriculture, il se souvient avoir été «accueilli par des visages fermés, des mines graves et des salariés inquiets.»

Quelques années plus tard, en 2014, l’usine normande opérait un virage à 180 degrés, délaissant les véhicules haut de gamme au profit des camionnettes. Une transformation salutaire pour l’usine, qui produit désormais environ 120 000 véhicules par an en moyenne : les très rentables Renault Trafic, Nissan Primastar et Renault Trucks (filiale de Volvo) Trafic Red Edition.

Chemin sinueux vers la «voiture logicielle»

Après ces annonces pour le territoire et l’emploi, Renault doit désormais s’attaquer au plus dur : développer un véhicule de nouvelle génération à l’architecture centrale (et non plus zonale, comme c’est le cas depuis des décennies). En interne chez Renault comme les partenaires du Losange, on ne cache pas qu’il s’agit d’un travail de longue haleine. Selon nos confrères des Echos, le projet pourrait même commencer à accuser un léger retard. Si Renault dément l’information, c’est que la production du véhicule doit débuter dès 2026... c’est-à-dire demain.

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