122 mètres de long, 18 de largeur et 4 500 tonnes. Lundi 7 novembre, la première frégate de défense et d’intervention (FDI), l’Amiral Ronarc’h, a été mise à l’eau à Lorient (Morbihan), sur le site de Naval Group. Ses premiers essais en mer débuteront en 2023 et la livraison interviendra en 2024. Quatre autres navires seront livrés d’ici la fin de la décennie.
Il s’agit de la nouvelle génération de frégates de la Marine nationale. Les ministres Sébastien Lecornu (Armées), et son homologue grec Nikolaos Panagiotopoulos étaient présents. La présence du ministre hellène était pour Naval Group l’occasion de souligner l’association avec des industriels grecs dans la réalisation de ces frégates ; trois voire quatre FDI seront en effet produites pour la Grèce dans les dix ans.
«La mise à l’eau d’un navire de guerre est aussi l’occasion de rappeler que l’outil industriel français est au service de nos forces armées, engagé dans l’économie de guerre. Dès 2025, le site Naval Group de Lorient réalisera ainsi jusqu’à deux bateaux par an», a déclaré Pierre Éric Pommellet, président-directeur général de Naval Group. Le communiqué de presse de Naval Group vante «une nouvelle organisation industrielle performante qui optimise les délais de construction». 1 200 personnes et 400 sous-traitants travaillent à temps plein sur le programme de frégates chez Naval Group. L’entreprise a également fait savoir qu’elle comptait embaucher plus de 500 alternants et plus de 1 500 nouveaux collaborateurs en 2022.
Radar de nouvelle génération et data centers embarqués
Naval Group a déjà investi environ 40 millions d’euros pour digitaliser entièrement le chantier de construction des frégates d’intervention. «Ainsi, les FDI seront capables de faire face aux menaces du haut du spectre actuelles et futures, avec une couverture à 360° dans toutes les bandes de fréquence, et d’assurer le traitement de données de plus en plus nombreuses», précise le communiqué de presse. Deux data centers embarqués hébergeront également toutes les applications informatiques du navire.
Les FDI sont des navires de haute mer polyvalents, capables d’être employés aussi bien dans la lutte antinavire, anti-aérienne, anti-sous-marine, ou contre les menaces asymétriques. Les frégates pourront enfin embarquer du matériel lourd, comme le futur hélicoptère Guépard Marine, ou un drone aérien pesant jusqu'à 700 kilos. Elles sont équipées du radar de nouvelle génération de Thales, qui offrira une surveillance du navire à 360 degrés. Le site de Lorient ne devrait pas voir son carnet de commandes se désemplir, puisque la loi de programmation militaire française évalue à quinze frégates de dernière génération les besoins de l’armée.



