Etude

La pollution coûte 770 euros par an et par habitant en France selon une étude d'EPHA

Une étude comparative sur le coût de la pollution de l’air dans plus de 400 villes européennes réalisée par l’Alliance européenne de santé publique (EPHA) et relayée en France par l’association Respire, montre que la pollution est mauvaise pour la santé mais aussi pour le porte-monnaie des citadins européens et français.

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La ville de Marseille
Où se situe Marseille par rapport aux grandes villes françaises et européennes côté pollution par habitant ?

770 euros par Français, c’est le coût moyen par an de la pollution enregistrée dans les 67 agglomérations étudiées pour l’Alliance européenne de santé publique (EPHA) - le correspondant en France est l’association Respire -, par CE Delft. Elle repose sur les dernières données Eurostat disponibles et les mesures de pollution des stations officielles. Un calcul qui prend en compte la valeur monétaire des morts prématurées, des traitements médicaux face aux affections liées à la pollution, les arrêts de travail. Les particules sont responsables de la majorité des coûts (en moyenne 82,5%), suivie du dioxyde d’azote (15%), puis par l’ozone (2,5%).

"C’est la première fois qu’une étude sur le coût de la pollution de l’air est réalisée à l’échelle de l’Europe et au niveau des villes, précise Olivier Blond, directeur de Respire à l’Usine Nouvelle. Ici, on parle de coût économique de la pollution en donnant une valeur qui dépend bien entendu de la pollution mais aussi du niveau de vie de la population de ces villes."

1602 euros par habitant à Paris

En France, Paris trône largement en tête du classement français avec un coût annuel de 3 505 259 275 euros, soit 1602 euros par habitant. Lyon et Nice complètent le podium avec un peu plus de 1100 euros par habitant. Suivent ensuite dans le Top 10, Melun (1015 euros), Douai (992), Fréjus (990), Toulon, Rouen et Saint-Quentin. Certaines villes prouvent que ce ne sont pas forcément les plus grandes villes qui sont placées en haut du classement.

Marseille (897 euros) et Toulouse (819 euros) se distinguent dans l'autre sens. Cela s'explique par le mode de calcul. "Une ville comme Marseille a une pollution importante, mais le niveau de vie y est relativement bas, souligne Olivier Blond. Le coût prend en compte le PIB de la ville." Par conséquent, Paris est une ville riche mais pas forcément plus polluée. Par exemple, le coût d’un cadre supérieur décédé à cause de la pollution est bien plus important que celui d’une personne avec une petite retraite. C’est le coût socio-économique.

"L’idée est de parler d’économie et plus seulement de pollution, analyse le directeur de Respire. Cette étude donne un coût pour évaluer la nécessité de prendre des mesures et d’investir. C’est le cas des mobilités, les transports sont une source très importante de pollutions."

Les transports sont la principale source de pollution de l’air, pour des coûts compris entre 67 et 80 milliards  d'euros dans l’UE28 en 2016, selon une étude précédente de l’EPHA, soit près de la moitié des coûts estimés chaque année à 166 milliards d’euros.

Plus de 3000 euros par habitant à Bucarest

Les deux tiers des grandes villes dépassent les recommandations de l’OMS en matière de pollution. En France, selon l’Agence européenne de l’environnement (EEA), elle cause 48 000 à 76 000 morts par an. c'est 400 000 en Europe.

L’étude des 432 villes de l’Union européenne, mais aussi de Norvège, de Suisse et du Royaume-Uni, montre que le coût moyen de la pollution atteint 1276 euros par habitant. Pour le coût total par ville, Londres arrive largement en tête avec plus de 11 milliards d’euros par an, devant Bucarest (6,3), Berlin (5,2), Varsovie et Rome. Paris est septième européen.

Mais le tableau le plus parlant est sans aucun doute celui qui calcule les coûts par habitant, et on se rend compte que malgré un niveau de vie souvent bien plus bas qu’à l’ouest les coûts sont plus élevés en Europe de l’Est, preuve que la pollution y est très forte. La présence du charbon n’y est pas étrangère. Pour l’Europe occidentale, l’Italie et l’Allemagne figurent en bonne place.

Avec un peu plus de 3000 euros par habitant, Bucarest est la plus mal notée à la première place de ce sinistre classement devant Milan (2843), Padoue (2455), Varsovie (2433), Bratislava (2168), Venise (2106), Brescia (2106) et Sofia (2084). A l’inverse, on retrouve parmi les huit villes dont les coûts sont les plus bas, trois villes françaises : Pau (467), Perpignan (474) et Brest (501).

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