“Tout a beaucoup changé dans les six derniers mois. Nous avons connu une baisse d’activité pendant le confinement, mais depuis la reprise des projets et des prises de commandes est assez forte”, retrace Olivier Rochet, à la tête de Scallog. L’ingénieur en informatique, qui a fondé la pépite des robots logistiques dits "goods to man" en 2013, se veut optimiste. “Nous avons bien sûr des projets impactés ou décalés, mais nous pensons être dans la lignée de notre trajectoire de croissance prévue avant le confinement. Le secteur de la logistique et du retail a même connu une forte croissance ces derniers mois”.
1500 mètres carrés de locaux supplémentaires
Preuve de cette confiance, la pépite francilienne a annoncé, le 20 août, l’extension de ses locaux d’assemblage et de recherche et développement, situés à Nanterre (Hauts-de-Seine). En deux étapes, ces derniers sont passés de 500 à 2000 mètres carrés “peu avant le confinement”, selon Olivier Rochet.
Effectué via une location, cet agrandissement n’a “pas nécessité d’investissement important”, reconnaît l’ingénieur, qui rappelle néanmoins que Scallog a mené une levée de fonds jugée “significative” (au montant non communiqué) auprès du distributeur belge Colruyt fin 2019. Il témoigne toutefois du dynamisme de la jeune pousse qui emploie aujourd’hui 50 employés espère passer de 350 robots produits en 2019 à 500 cette année, et 1500 à 2000 en 2022.
Boby, le robot mobile produit par Scallog, est capable de transporter une étagère pesant jusqu’à 600 kg pour se déplacer à la vitesse de 1,5 mètre par seconde et l’amener face à un préparateur de commandes. Il simplifie ainsi la tâche de picking tout en optimisant la gestion de l’espace de stockage. “Nous travaillons sur la robotique, mais aussi sur le logiciel”, explique Olivier Rochet, qui note par exemple qu’avec jusqu’à 100 références différentes dans une armoire, “l’un des enjeu est aussi d’optimiser le rangement des produits sur les étagères”.
Convaincre en France et à l’étranger
Scallog affirme travailler avec une trentaine de clients répartis dans six pays, parmi lesquels Airbus, L’Oréal ou encore Decathlon. “Notre objectif est maintenant de s’internationaliser via des intégrateurs à l’étranger”, explique Olivier Rochet à l’Usine Nouvelle. Une tâche difficile, qui nécessitera de concurrencer les nombreux autres acteurs sur le créneau des robots porteurs d'étagères, parmi lesquels l’américain Eiratech, l’indien GreyOrange, ou les Chinois Geek+ et Quicktron. Sans compter Kiva System, devenu Amazon Robotics et produisant exclusivement pour le géant du e-commerce.
Pour sortir son épingle du jeu, Scallog compte jouer sur son caractère local, l'assemblage en France et la sécurisation des données de ses clients. “Tous nos composants électroniques, ainsi que nos batteries, viennent encore de Chine, admet Olivier Rochet, mais toute la partie structure, conçue par nos ingénieurs en France, est produite en France ou parfois en Europe”. Dans un contexte où les appels à la souveraineté et à la relocalisation se multiplient, l’avantage peut être de taille.



