Total change de discours… et de stratégie. Jusqu’à début 2020, Patrick Pouyanné expliquait encore que le monde continuera pour longtemps à avoir besoin de pétrole, et que son rôle était de le fournir à tous, au meilleur prix. C’est toujours vrai. Sauf, que la demande de pétrole pourrait avoir déjà commencé a baissé, comme le suggérait son concurrent BP il y a quelques jours.
Le groupe français a donc décidé d’accélérer son virage vers le gaz naturel et l’électricité en se présentant désormais comme un groupe multi-énergies. Résumé en trois chiffres clés de la nouvelle stratégie du premier groupe industriel français.
85 GW d’électricité

- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
En dix ans, Total veut augmenter sa production d’énergie de 3 millions de barils équivalent pétrole par jour à 4 Mbep/j, Cette augmentation proviendra pour moitié du gaz naturel liquide (GNL) et pour moitié de l’électricité, principalement à partir de renouvelables.
Pour soutenir cette croissance, Total va passer ses investissements dans l’électricité de 2 milliards de dollars par an (contre 1,5 milliard aujourd'hui), à 3 milliards par an. Ils représenteront alors plus de 20 % des investissements nets du Groupe.
Total vise une production nette de 50 TWh et des ventes de 80 TWh à 9 millions de clients d'ici 2025. Grâce à 35 GW de capacités brutes installées (70 % déjà en portefeuille) avec l’ambition d’une croissance de 10 GW par an au-delà, soit jusqu'à près de 85 GW en 2030.
-30% de pétrole
D’ici à 2030, les ventes de produits pétroliers du groupe diminueront de près de 30 %. Les ventes de Total seront alors composées de 50 % de gaz, 30 % de produits pétroliers, 15 % d’électrons et 5 % de biocarburants.
Total se concentrera sur les projets pétroliers à bas coût. Il privilégiera les projets pétroliers ayant une rentabilité supérieure à 15 % à 50 dollars le baril.
-30% de CO2
Total a confirmé son ambition de neutralité carbone en 2050 pour l’ensemble de ses activités mondiales (Scope 1+2+3). Le groupe réduira les émissions de ses clients européens de 30 %, en valeur absolue, d’ici 2030. Il s’engage aussi, et c’est nouveau, à réduire le niveau absolu des émissions mondiales scope 3 de ses clients d’ici 2030 par rapport à 2015.
Pour y parvenir, Total a annoncé la conversion de sa raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) à la chimie verte. Outre la production de bioplastique biodégradable et le recyclage chimique de plastique, il y construira une nouvelle bioraffinerie, comme celle de La Mède (Bouches-du-Rhône) mais sans huile de palme, qui produira un biodiesel pour avion et camion. La production de ce diesel renouvelable atteindra 2 millions de tonnes par an en 2025.
Le groupe investira aussi plus d’un milliard de dollars dans les dix prochaines années dans la mobilité électrique, via la fabrication de batteries et les bornes de recharge pour véhicules électriques, avec un objectif de 150 000 points de recharge d'ici 2025.



