"Des résultats en deçà de nos ambitions", c'est par ces mots que Gwenaël Elies, directeur financier de Tereos, a qualifié les résultats 2020-2021 du groupe sucrier. Après une année verte, la coopérative nordiste replonge dans le rouge avec une perte de 133 millions d'euros. "Cela est essentiellement dû à des éléments exceptionnels" se défend le responsable financier. "76 millions d'euros s'expliquent par la dépréciation d'actifs et 65 millions par des éléments exceptionnels". Le chiffre d'affaires de la coopérative s'établit lui à 4,317 milliards d'euros, contre 4,5 milliards d'euros sur l'exercice précédent.
Baisse des cours du sucre
Malgré une campagne record au Brésil, le groupe est également fortement touché par la baisse des cours du sucre et de l'éthanol depuis la pandémie de Covid-19. "Ces cours remontent progressivement" commente Philippe de Raynal, le nouveau président du directoire de la coopérative. La coopérative agricole subit également la dépréciation de la monnaie brésilienne de près de 37%.
En France, les résultats de Tereos subissent les effets de la jaunisse de la betterave avec des rendements en baisse de 26% chez les planteurs, par rapport à la moyenne sur les cinq dernières années.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Nouvelle feuille de route pour 2024
"Les résultats sont insuffisants" déplore Gerard Clay, le nouveau président du conseil de surveillance, arrivé en décembre 2020 à la suite de tensions avec l'ancienne direction, "il est urgent de rétablir rapidement la profitabilité de notre groupe". Pour y parvenir, Tereos entend mettre fin à la stratégie de croissance externe caractéristique de la direction précédente. Une nouvelle feuille de route pour 2024 sera publiée à la rentrée: "notre orientation stratégique est claire: consolider avant de repartir la croissance", précise Gérard Clay.
Le groupe entend s'appuyer sur trois principaux piliers : le sucre et les renouvelables en Europe et Brésil, l'activité amidonnière et les produits sucrants en Europe. "Ces trois piliers sont des atouts majeurs pour le groupe, nous allons les développer" détaille Philippe de Raynal. "La totalité des investissements futurs" seront consacrés à ces activités, ajoute le groupe. Les synergies entre les métiers devront accélérer pour "permettre de développer la valeur commerciale et industrielle de nos métiers et améliorer notre rentabilité" ajoute le responsable.
Réduire la dette
Pour retrouver ses capacités d'action, le groupe s'est également fixé un objectif de réduction de sa dette. Cette dernière a déjà diminué de 24 millions au cours de l'exercice 2020-2021 à 2,533 milliards d'euros. L'objectif est de passer sous la barre des 2 milliards d'euros d'ici à 2024. "Nous tournons la page d'une stratégie de volume pour aller vers une stratégie de marge, avec une meilleure valorisation de nos produits, par une répercussion des hausses" résume Philippe de Raynal.
Pas de fermeture d'usine
Le groupe entend atteindre rapidement une marge Ebitda de 5%. Un objectif qui ne se traduira pas par la fermeture d'usines: "il n'y a aucun projet de cession de site ni de fusion avec la concurrence" a assuré Gérard Clay. Une revue des activités déficitaires, notamment à l'étranger, a toutefois été réalisée. "Cette revue est terminée mais nous ne souhaitons pas la commenter à l'occasion de cette présentation des résultats" conclut Philippe de Raynal.



