La crise du sucre serait-elle terminée ? C'est ce que les dirigeants du numéro 1 français du secteur Tereos veulent croire. Sur l'exercice 2019-2020, le sucrier français renoue avec les bénéfices avec un Ebitda à 420 millions d’euros, en croissance de 53 % et un bénéfice net à 24 millions d'euros après avoir affiché, sur l'exercice précédent, une perte de 242 millions d'euros.
Le chiffre d'affaires de Tereos augmente, quant à lui, légèrement, à 4,5 milliards d'euros. "Le revirement de situation s'est opéré dès le deuxième trimestre, mais s'est accéléré au quatrième trimestre", détaille Alexis Duval, président du directoire de Tereos.
Rebond du sucre européen
Les bons résultats de Tereos sont avant tout tirés par le marché du sucre européen. Ce dernier, qui représente 23% du chiffre d'affaires du groupe, est en croissance de 4 %. Ce segment affiche un Ebitda en hausse de 157 % à 95 millions d’euros.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Tereos y bénéficie de la remontée du cours du sucre. Après deux années de baisse, avec un point bas en janvier 2019 avec un cours du sucre sur le marché européen à 312 euros, ce dernier est remonté à 375 euros en avril.
Mais cet élément n'est pas suffisant pour expliquer les bons résultats du groupe. "Sur le quatrième trimestre, nous notons que nos résultats progressent plus rapidement que le cours du sucre" observe Alexis Duval. "Cela s'explique par l'augmentation de nos parts de marché", ajoute le dirigeant.
Depuis la fin des quotas, Tereos a, en effet, augmenté de 22 % sa présence sur le marché. Le groupe bénéficie également d'un effet volumes puisque ces derniers sont en croissance de 22 % depuis 2016.
Croissance de toutes les activités
Premier contributeur au chiffre d'affaires du groupe, le sucre international, dont la moitié des volumes sert à la production d'éthanol, est quant à lui en augmentation de 4 %, soutenu par une croissance des volumes de canne de 8 % au Brésil.
Troisième grand secteur d'activité du groupe, l'amidon progresse de 4 % à 4,1 millions de tonnes.
De quoi faire dire à Alexis Duval que la stratégie de diversification entamée par son groupe au lendemain de la fin des quotas européens, est en train de payer. "Cette stratégie a apporté 150 euros par hectare par an supplémentaires à nos producteurs", commente le dirigeant.
La poursuite de cette diversification est au coeur des discussions sur l'ouverture du capital du groupe sucrier, dont le capital est actuellement détenu par 13 000 coopérateurs. Si le sujet est toujours d'actualité, Alexis Duval précise qu'aucun calendrier n'a, pour le moment, été établi.
Impact du Covid-19
Reste à savoir si ces bons résultats ne seront pas mis à mal par l'épidémie de Covid-19 ? "Pour Tereos, les impacts sur l’exercice 2019-20 ont été limités", rassure le groupe. Les principaux secteurs d'activité de l'entreprise étant reconnus comme stratégique, le groupe a continué son activité. Il a même connu de belles croissances, via sa marque Beghin Say, dans les supermarchés français. "En mars, nos ventes étaient 50% supérieures à celle de la même époque l'an dernier", détaille Alexis Duval.
Même son de cloche pour les activités "alcool" du groupe. Les huit sites de production hexagonaux ont affiché une production en hausse de 60% par rapport à la même période l'an dernier et ont permis de prendre le relais de la consommation d'éthanol alors en chute libre. Au mois d'avril 2020, le groupe a fait état d'une baisse de la demande du carburant vert de l'ordre de 55%. Un phénomène qui n'inquiète pas Alexis Duval : "ce marché devrait repartir avec la progression du déconfinement".



