Le puissant syndicat allemand de la métallurgie IG Metall prônait depuis août 2020 le passage à la semaine de quatre jours, notamment pour limiter les suppressions de postes dans l’industrie automobile. Il a utilisé les négociations salariales annuelles pour en poser les premiers jalons.
L’accord trouvé entre le syndicat et la fédération de l'industrie métallurgique et électrique Gesamtmetall, le 30 mars, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et amené à être généralisé à toute la métallurgie du territoire allemand (3,9 millions de salariés), acte une hausse des salaires de 2,8% à partir du 1er juillet 2021. C’est moins que les 4% que réclamait le syndicat, mais l’accord organise une flexibilité du travail qui satisfait syndicat et employeurs.
Dans chaque entreprise, le dialogue social déterminera dans quelles conditions les salariés ne percevront pas cette augmentation, en échange d’un temps de travail réduit. À leur demande ou selon le niveau d’activité de leur entreprise, ils travailleraient jusqu’à un jour de moins par semaine, sans perte de rémunération significative.
Pour rendre cette flexibilité possible, l’augmentation salariale de 2,8% ne sera d’ailleurs pas versée dès juillet, mais en une seule fois, en février 2022. Puis une nouvelle fois en février 2023, avant d’être perçue chaque mois. Une façon de sécuriser l’emploi qualifié en période de crise. Pour préserver des emplois, Bosch, Daimler et l’équipementier ZF ont déjà signé en Allemagne des accords de diminution du temps de travail, sans aller jusqu’à la semaine de quatre jours utilisée en 1993 par Volkswagen, déjà pour sauver des emplois.



