Face à la recrudescence de la jaunisse, les betteraviers sonnent l’alerte. Connu depuis de très nombreuses années, ce virus s’avère particulièrement virulent cette année : à ce stade de la campagne, la perte de rendement serait comprise entre 10 % et 15 %. Un chiffre qui grimpe à 50 % dans les zones géographiques les plus touchées (Ile-de-France, Marne, Aube, Oise, Eure).
Les premières prévisions de rendements sont inférieures à 80 tonnes à 16 degrés par hectare, contre une moyenne quinquennale de 87 tonnes par hectare, estime la Confédération générale des betteraviers (CGB). "Selon l’évolution de la maladie, cette moyenne pourrait passer à moins de 75 tonnes. Sur cette base, la production pourrait diminuer de 460.000 à 800.000 tonnes équivalent sucret, précise l'Institut technique de la betterave.
Après une première campagne relativement calme sans les produits phytosanitaires jusqu’alors utilisés, interdits depuis 2018, la pression des insectes ravageurs s’est intensifiée cette année. Un hiver doux suivi d’un printemps chaud et sec favorise le développement des pucerons. Ceux-ci piquent les feuilles, et contaminent les betteraves. Un phénomène constaté dès le mois d’avril, après les semis. "Une fois que la plante est virosée, les feuilles deviennent jaunes et cassantes, donc la photosynthèse ne s’effectue pas correctement : de fait, elles captent moins de CO2", explique le président de la CGB, Franck Sander.
Des conversions potentielles vers d’autres cultures

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Les usines les plus touchées risquent de perdre 30 % à 40 % de leurs volumes à travailler, estime la fédération professionnelle. "La rentabilité des usines ne sera pas au rendez-vous, avec des durées moindres de campagne. Les assolements se font à l’heure actuelle : l’agriculteur décide maintenant de ce qu’il sèmera l’an prochain", rappelle Franck Sander. Qui n’écarte pas la possibilité, pour de nombreux betteraviers, de se tourner vers d’autres cultures telles que la pomme de terre ou le lin, comme cela a été constaté dans le Calvados suite à la fermeture, fin 2019, de l’usine Saint-Louis de Cagny.
A long terme, l’Institut technique de la betterave et les semenciers prévoient un délai de cinq ans pour trouver des alternatives aux produits phytosanitaires. A court terme, la profession demande à pouvoir recourir à ces substances, encore utilisées par treize pays en Europe sur les dix-neuf producteurs de betteraves. La filière regroupe 45 000 emplois sont menacés, pour une balance commerciale excédentaire de 1,5 milliard d’euros. "Ces produits sont utilisés dans les colliers anti-poux des animaux. On parle de quelques grammes de matière active à l’hectare", veut rassurer Franck Sander.



