La Haute Autorité de Santé prône l’extension du vaccin AstraZeneca et l’élargissement des acteurs de la vaccination

La Haute Autorité de Santé (HAS) formule de nouvelles préconisations. Le vaccin AstraZeneca est désormais conseillé pour les personnes âgées de plus de 65 ans. La HAS conseille aussi d’élargir le droit de vacciner à tous les professionnels de santé et d’engager des équipes mobiles pour vacciner à domicile.

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Vaccin
Le vaccin d'AstraZeneca est recommandé désormais pour une utilisation chez les personnes de plus de 65 ans en France.

C’est une étude écossaise qui change la donne. Menée sur 5,4 millions de personnes depuis le début de la vaccination au Royaume-Uni, à partir de fin décembre, cette étude a produit des données obtenues en vie réelle et non en essais cliniques, qui conduisent la Haute Autorité de Santé (HAS), ce mardi 2 mars, à élargir ses recommandations dans le cadre de la stratégie vaccinale contre le SARS-CoV-2.

En premier lieu, le vaccin d’AstraZeneca peut, selon la HAS, être désormais utilisé chez des personnes de plus de 65 ans, sans limite d’âge supérieur. L’étude écossaise ne s’est pas limitée à l’utilisation de ce vaccin mais porte aussi sur celui du vaccin ARN-messager (ARNm) de Pfizer/BioNTech. Et les données découlent de l’administration d’une seule dose vaccinale. Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, évoque des "résultats remarquables", avec des taux d’efficacité supérieurs à ceux décrits dans les essais cliniques, de l’ordre de "70% à 80% d’efficacité, et de plus de 80% pour éviter le risque d’hospitalisation".

Efficace même avec une seule dose

En Ecosse, le vaccin AstraZeneca a été plus utilisé chez les personnes les plus âgées, de plus de 70 ans, contrairement à ce qui se fait en France où les vaccins ARNm sont actuellement réservés aux personnes de plus de 75 ans. Tout vaccin confondu, "l’étude montre un impact très net du fait d’être vacciné face au risque d’hospitalisation", souligne Elisabeth Bouvet. La présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS précise que les résultats proviennent de l’administration "d’une seule dose de vaccin", avec un effet "maximal après 28 à 34 jours après cette première dose, pour toutes les catégories d’âge".

En raison de l’efficacité démontrée des vaccins et de l’utilisation massive de celui d’AstraZeneca chez les plus de 70 ans en Ecosse, la HAS recommande donc l’utilisation, en France, du vaccin AstraZeneca au-delà de 64 ans, limite qui avait été initialement fixée, y compris pour les personnes de plus de 75 ans. Le schéma vaccinal est maintenu à deux doses, pour accroître la protection immunitaire, mais la HAS considère désormais que le délai de neuf semaines préconisées pour la seconde dose du vaccin AstraZeneca peut être étendu à douze semaines.

Elargir sous conditions la prescription aux pharmaciens et sages-femmes

La HAS recommande aussi "l’extension des compétences vaccinales" avec la diversification "du profil des prescripteurs et vaccinateurs", précise Dominique Le Guludec. Après un avis déjà favorable pour engager les pharmaciens, les sages-femmes et les infirmiers, la HAS conseille désormais d’étendre la capacité d’administrer des vaccins, y compris ceux à ARNm, à tous ces professionnels de santé. Elle recommande aussi d'autoriser la prescription aux pharmaciens, sauf pour les femmes enceintes et les personnes présentant un trouble de l'hémostase. Et recommande aussi la prescription par les sages-femmes pour les femmes, les femmes enceintes et leur entourage.

Est préconisé également de lutter "contre l’inégalité d’accès à la vaccination", note Dominique Le Guludec. Pour accroître l’accès à la vaccination aux personnes les plus fragiles et âgées qui ne peuvent quitter leur domicile, ou les personnes les plus précaires et défavorisées, la HAS recommande le déploiement d’équipes mobiles de vaccination, capables de vacciner à domicile. Ce qui peut être fait avec un vaccin comme celui d’AstraZeneca, dont les conditions de stockage et de transport sont plus faciles.

Précisions des facteurs de comorbidité

Concernant les publics prioritaires, la HAS a également renforcé certaines préconisations. Si le facteur de l’âge demeure prédominant en termes de risques de complication, d’hospitalisation et de décès, certaines pathologies sont désormais décrites comme très à risques, qu’importe l’âge. Il s’agit de la trisomie 21, de personnes ayant eu une transplantation d’organes solides ou de souches hématopoïétiques, et celles souffrant d’insuffisance rénale chronique sous dialyse. Certaines pathologies rares et graves, comme des déficits immunitaires sévères ou d’origine congénitale sont désormais à prendre en compte indépendamment de l’âge.

L’insuffisance cardiaque, le diabète (de type I et II), l’obésité, l’hypertension, les troubles psychiatriques, les cancers, les maladies hépatiques chroniques, ou encore des antécédents d’accident vasculaire cérébral, sont également des facteurs très importants de comorbidité dans le cadre du Covid-19.

Toutes ces recommandations de la HAS devront être appliquées, non pas, par le ministère des Solidarités et de la Santé. Concernant l'efficacité des vaccins face aux variants du SARS-CoV-2, la HAS mène des travaux et devrait publier des conclusions rapidement.

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