La Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son feu vert, mardi 16 mars, à l'utilisation par les particuliers de tests rapides sur prélèvement nasal pour détecter le Covid-19, uniquement pour les personnes asymptomatiques de plus de 15 ans ou les patients ne pouvant tolérer de prélèvement naso-pharyngé (jusqu'à 4 jours après l'apparition des symptômes) . "Avant une réunion de famille et en complément des gestes barrières, des tests antigéniques sur prélèvement nasal pourront être réalisés chez soi", a annoncé Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS, lors d'une visio-conférence. L'autorité indépendante met en avant le caractère "plus acceptable" et moins intrusif du prélèvent nasal.
Ce type de dispositif, déjà autorisé dans certains pays européens, devrait être vendu dans les pharmacies, comme le reste des tests antigéniques. Dans l'attente de résultats complémentaires concernant leur efficacité, qui devraient être connus d'ici la fin du mois, la HAS ne les recommande pas "au-delà de la sphère privée".
"Plus acceptable que le prélèvement naso-pharyngé"
"L'autotest repose intégralement sur les individus et doit être utilisé en complément des gestes barrières", a insisté la HAS. Si les données des analyses préliminaires sur leur sensibilité (taux de positivité chez les patients atteints par le virus) sont "rassurantes, leur efficacité reste en dessous de celle des tests RT-PCR", poursuit l'autorité indépendante. En conséquence, le patient dépisté positif devra réaliser un test RT-PCR en laboratoire, "seul dispositif permettant le traçage des contacts et la détection des variants".
Comme pour les tests antigéniques déjà sur le marché, le prélèvement nasal se fera à l'aide d'un écouvillon, mais "plus épais et plus petit", détaille Cedric Carbonneil, chef du service d'évaluation des actes professionnels de la HAS. "Il sera nécessaire de l'enfoncer de 3 à 4 centimètres dans le nez et d'effectuer plusieurs rotations". Une notice explicative sera fournie par les fabricants, dont la liste n'a pas été communiquée par la HAS. "Certains industriels français sont déjà en phase de production depuis plusieurs semaines", a simplement avancé sa présidente. Le résultat sera visible sous la forme de "barrettes", comme pour un test de grossesse.
Une généralisation en cas d'analyses complémentaires satisfaisantes
Une étude plus étayée sur l'efficacité du prélèvement nasal est attendue d'ici la fin du mois. En cas de résultats satisfaisants, ils pourraient être généralisés pour les campagnes de dépistage et utilisés en cas de symptômes pour "briser rapidement une chaîne de contamination".
En octobre 2020, au moment de l'autorisation des tests antigéniques sur échantillon naso-pharyngé, la HAS avait fixé une sensibilité minimale de 80% pour les personnes symptomatiques. Le même seuil a été retenu concernant les prélèvements nasaux. Un taux abaissé à 50% chez les personnes asymptomatiques en situation de dépistage, "compte tenu de l’impact d’un rendu de résultat rapide (sans délais) des tests antigéniques sur la rupture des chaînes de contamination."



