La guerre en Ukraine provoque l'envolée des cours du blé

Les cours du pétrole ne sont pas les seuls à s'envoler après l'invasion de la Russie en Ukraine. Ceux du blé marquent également un sommet inédit à 344 euros la tonne selon Euronext (contre 300 en décembre). Cette envolée s'explique par le poids de la Russie et de l'Ukraine dans la production mondiale de blé. 

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Champ de blé
Les cours du blé explosent après l'attaque russe en Ukraine.

Les cours du pétrole ne sont pas les seuls à s'être emballés après l'attaque de l'armée russe contre l'Ukraine jeudi 24 février. Ceux du blé atteignent également des sommets. Selon Euronext, le prix du blé en Europe a atteint les 344 euros la tonne dans la matinée, avant de retomber à 320 euros. A titre de comparaison, lors du précédent pic, en 2014, le cours du blé plafonnait à 314 euros la tonne. Cet emballement du marché des matières premières agricoles s'explique par le poids de la Russie et de l'Ukraine dans la production mondiale de blé.

La Russie, un géant du blé

Depuis les années 2000, la production de blé est devenue un enjeu stratégique pour la Russie. Comme le souligne le service agricole extérieur du Département de l'Agriculture des États-Unis, la production de blé y a doublé en 20 ans pour atteindre, en moyenne, entre 75 et 85 millions de tonnes par an, soit entre 10 et 12% de la production mondiale.

Cette production est partiellement destinée au marché national, mais également à l'export. En moyenne, la Russie vend 35 millions de tonnes à l'étranger, soit 17% du total mondial. Ces exportations prennent notamment la direction des pays du Proche et du Moyen-Orient, régions consommatrices de blé, mais qui n'en produisent pas

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L'Ukraine, quatrième exportateur mondial

De l'autre côté de la ligne de front : l'Ukraine. Souvent surnommé de grenier à grain de l'Europe, le pays est également un acteur central dans la production de céréales. Bien qu'il ne produise que 30 à 32 millions de tonnes de blé par an, soit 4% de la production mondiale, il exporte plus de 60% des quantités produites sur son sol. Résultat, le pays est le quatrième exportateur mondial de blé.

A la différence de 2014, l'attaque russe de jeudi 24 février a débuté par les provinces de l'Est de l'Ukraine. Ces dernières concentrent 40% de la production nationale de blé. Si l'offensive russe risque de pérenniser les prix du blé à un plus haut historique, aucun danger ne pèse toutefois sur l'approvisionnement en France, explique le ministère de l'Économie. L'Hexagone produit 29,2 millions de tonnes de blé tendre, pour une consommation intérieure de 14,9 millions de tonnes.

En revanche, la situation pourrait être beaucoup plus tendue sur le maïs. L'Ukraine est le troisième ou quatrième exportateur mondial de maïs selon les années. Les pays européens, Espagne et Pays-Bas en tête, achètent près de 50% de leur maïs à l'Ukraine, notamment pour l'utiliser dans l'alimentation animale. Conséquence : « Les flux vont devoir se réorienter, au moins temporairement au profit de maïs origine européenne, de maïs d'autre origine ou d'autres céréales » note Antoine Boy, chargé de mission économique à l'Association Générale des Producteurs de Maïs.

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