Un jour seulement après que la France et l'Australie se sont accordés pour fournir à l'Ukraine des milliers d'obus, Sébastien Lecornu dévoile une nouvelle aide destinée à soutenir les forces combattant l'invasion russe. Lors d'une conférence de presse commune avec son homologue ukrainien Oleksiï Reznikov, le ministre des Armées a annoncé mardi 31 janvier la livraison, "dans les semaines qui viennent", de 12 canons Caesar supplémentaires. Ils seront financés dans le cadre du fonds de soutien de 200 millions d'euros mis en place par la France. Fabriqués par Nexter, ces canons s'ajouteront aux 18 exemplaires déjà envoyés par les armées françaises et aux 19 exemplaires promis par le Danemark mi-janvier.
La France a par ailleurs garanti à Kiev la livraison d'un radar Ground Master 200 (GM200), produit par l'industriel français Thales. Ce radar de moyenne portée est en mesure de repérer un aéronef ennemi à 250 km et de l'engager à 100 kilomètres, qu'il vole à faible vitesse et basse altitude comme les drones ou à haute altitude comme les avions de combat. Transportable sur camion, l'appareil assure aussi une protection face aux roquettes et tirs d'artillerie en avertissant les troupes au sol des tirs ennemis, affirme son fabricant, qui l'a déjà vendu à plus de 60 exemplaires à travers le monde.
Les avions de combat, «pas un tabou»
Sébastien Lecornu a aussi indiqué avoir «engagé des discussions avec nos alliés pour permettre d'avoir un stock toujours suffisant» de missiles français sol-air Crotale pour les forces ukrainiennes. «Ce matériel nous aide à nous rapprocher du jour de notre victoire, a commenté le ministre ukrainien de la Défense. Les Crotale détruisent 100% des cibles donc c'est très important pour fermer le ciel ukrainien». Le ministre français des Armées a enfin annoncé l'envoi de 150 militaires français en Pologne afin de former des soldats ukrainiens.
Concernant les avions de combat réclamés par Kiev à ses alliés occidentaux, le ministre ukrainien n'a pas adressé de demande précise à la France. Comme le président Emmanuel Macron quelques jours plus tôt, Sébastien Lecornu a néanmoins assuré qu'une éventuelle livraison n'était «pas un tabou», à certaines conditions. Son homologue ukrainien a fait part à la presse de son «optimisme» en la matière, bien que le président Joe Biden ait fermé la porte lundi à l'envoi de F-16 américains.



