La fonderie Sifa d’Orléans rayée de la carte

Créée en 1936 à Orléans, la fonderie d'aluminium Sifa du groupe Alty Industry va disparaitre du pays automobile français. Le tribunal de commerce d’Orléans l’a liquidée, en autorisant une poursuite d’activité de trois mois, le temps de licencier les 78 salariés.

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Métallurgie - Sidérurgie
La fonderie Sifa d'Orléans est une nouvelle victime de la transition de l'automobile vers l'électrique.

La fin programmée des moteurs thermiques en 2035 fait une nouvelle victime. La Société industrielle de fonderie aluminium (Sifa) a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d'Orléans (Loiret). Le jugement est assorti d'une poursuite d'activité de trois mois, jusqu'à fin février.

Spécialisée dans les carters et pièces moteur pour les motorisations thermiques, cette filiale du groupe Alty, holding de Patrick Bellity, emploie 78 salariés. Elle s'était reconvertie dans l'électrique, grâce à une aide de France Relance de 800 000 euros, annoncée sur place par le ministre Olivier Dussopt début 2021. Mais l’augmentation des factures énergétiques et le remboursement d'un Prêt garanti par l'Etat (PGE) ont accéléré sa chute. De 19,5 millions d'euros en 2017, puis 13 millions en 2019, le chiffre d'affaires a reculé à 6,2 millions en 2020. Il n'a pas été publié en 2021.

Diversification avortée

Fournisseur de Renault, la fonderie orléanaise a déjà connu une procédure de sauvegarde en 2016. Avant d'être relancée par Patrick Bellity, qui avait tenté de sauver une autre fonderie d’aluminium, la Société aveyronnaise de métallurgie (Sam), elle aussi finalement liquidée en 2021. L’industriel, qui dit vivre une période "douloureuse", déplore le manque de soutien des constructeurs hexagonaux et l'inexorable fin des fonderies dans le pays.

Pour éviter le même sort, Sifa a bien tenté une diversification. Un accord a été conclu en avril 2021 avec le constructeur allemand BMW pour la fabrication de pièces de moteurs électriques. Mais le contrat a pris fin sans être renouvelé. Dans le même temps, les commandes habituelles ont diminué, creusant les pertes à 1,8 million d'euros en 2021. A l’issue de la crise sanitaire, l’entreprise a contracté un PGE (prêt garanti par l’État), dont elle ne peut plus honorer les échéances, poussant la direction à aller vers la liquidation. Il resterait une ardoise d’environ 2 millions d’euros.

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