Les familles Liébot et Corre vont investir 30 millions d'euros à Sainte-Hermine, en Vendée, dans une usine de production d’aluminium « bas carbone » associant des process de tri des déchets d’aluminium et une fonderie. Baptisé Coralium, ce site doit démarrer sa production à l’automne 2024. Il emploiera 60 salariés dans un premier temps, pour une production annuelle de 20 000 tonnes de billettes d’aluminium (cylindres de matières premières destinés à l’extrusion) amenée à croître.
L'unité s’étendra sur 9 000 m² sur un terrain de 7 hectares à proximité des usines de Fineiral, groupe de Régine et Thierry Corre comprenant les entités Aluminia, Algis et Reinal (150 salariés, 40 millions d’euros de chiffre d’affaires). Coralium sera détenue à 60% par Filia, la holding de la famille Liébot et à 40% par Fineiral, Thierry Corre assurant la direction du site.
Recyclage des produits de menuiseries
S’il existe à ce jour deux fonderies d’aluminium en France (hors fonderies à usage interne), elles ne traitent que l’alu « blanc » ou brut. « Aucune ne peut récupérer les produits de menuiseries laqués et comprenant des barrettes isolantes en PVC ou polyamide », explique Bruno Léger, le directeur général du groupe Liébot (Ouest alu, K.Line, 4 000 salariés, 706 millions d’euros de chiffre d’affaires). Ces déchets partent donc à l’étranger. Or, le décret tertiaire, promulgué en juillet 2019, fixe de nouveaux objectifs de réduction énergétique dans les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², ce qui va générer d’immenses volumes.
Le site traitera donc les fenêtres, baies, vérandas et autres garde-corps en fin de vie, mais aussi les chutes d’extrusion, dont celles de Fineiral. La RE2020 visant à réduire l’impact carbone dans le bâtiment, et la loi Agec avec la mise en place des filières à responsabilité élargie des producteurs (REP), porteront aussi l’essor de Coralium.
Valorisation de la chaleur du site
Les déchets seront broyés, délaqués, triés par séparation magnétique, tamisage, rayon X… Un tel continuum de process sur un même site est qualifié de première nationale. L’idée est de produire des billettes reproduisant la composition exacte des aluminiums 6060 et 6063 utilisés dans la menuiserie. Une centrale d’électricité sera également mise en place pour valoriser la chaleur du nouveau site. Elle répondra à 50% des besoins électriques de l’usine.
Ces billettes pourront donc nourrir la presse d’extrusion d’Aluminia (extrudeur du groupe Fineiral), toute proche et ayant transformé 11 000 tonnes d'aluminium en 2021, le groupe souhaitant investir 15 millions d'euros en 2023 dans une deuxième presse pour laquelle une extension de 6 000 m² va être construite à Sainte-Hermine. Mais la nouvelle usine a également vocation à fournir d’autres extrudeurs et traiter les déchets venant d’autres menuiseries industrielles.



