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[La deuxième vie des usines] A Rimogne, les habitants redécouvrent leur ancienne Ardoisière engloutie il y a 50 ans

Cinquante ans après la fermeture de l'Ardoisière de Rimogne, ancien poumon économique de ce village ardennais, une équipe de quatre plongeurs a exploré les  galeries immergées. Leurs images capturent un étrange monde aquatique et industriel, figé dans le temps.

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L'équipe de quatre plongeurs Team Cavex Minex a mené une exploration au sein des galeries englouties d'extraction d'ardoise.

Les vestiges engloutis ne se trouvent pas seulement sous les mers et océans. En plein milieu des Ardennes, le village de Rimogne redécouvre son patrimoine industriel immergé depuis un demi-siècle suite à la fermeture de l’Ardoisière en 1971. Cette usine qui était le poumon économique de ce village a laissé une lourde empreinte derrière elle. A l’occasion des 50 ans de la fermeture de la mine, le Musée de l’Ardoise et la mairie de Rimogne ont organisé une plongée souterraine pour mettre en lumière les 25 kilomètres de galeries, recelant l’histoire industrielle du village de 1 500 habitants.

Ardoisières photo 3Hedwig Dieraerg
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Une mine exploitée depuis le Moyen-âge

Depuis le XIIe siècle, Rimogne a été un des plus grands sites d’extraction de l’ardoise fournissant entre 6 % et 10 % de l'ardoise en France et en Europe. Au cours de la deuxième moitié du XXe sziècle, cette activité menée par l’entreprise Carlac est torpillée par la concurrence venue d’Espagne. « Les Espagnols ont une qualité d’ardoise disponible en surface que nous devons retrouver à 300 mètres sous terre », explique à l’Usine Nouvelle Yannick Rossato, maire de Rimogne. Les coûts d’extraction deviennent trop lourds pour Carlac. En 1971, la mort d’un ouvrier sur le site précipite l’arrêt de l’ardoisière de Rimogne.

Les pompes qui extrayaient continuellement l’eau des galeries s’arrêtent, entrainant l’immersion de ces dernières en quelques années. Aujourd’hui, environ un quart des galeries sont encore accessibles à pied, l'équivalent de quatre ou cinq kilomètres. Trop dangereuses, elles ne sont pourtant pas ouvertes au public c’est pourquoi la mairie a trouvé un autre moyen de les exposer aux yeux des plus curieux.

Ardoisières photo 2Hedwig Dieraerg
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L’exploration de la Team Cavex Minex

La mairie sollicite la Team Cavex Minex constituée de quatre plongeurs pour explorer entre octobre 2020 et mai 2021 l’ancien site industriel à 80 mètres de profondeur sous l’eau. Les images de cette exploration révèlent une eau d’une extrême limpidité. « L’eau est filtréepar 50 mètres de schiste ardoisier, ajoute Yannick Rossato. L’absence de lumière et de variation de température fait que tout est intact sous l’eau. » Bien que très pure, cette eau chargée en fer est impropre à la consommation.

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L’immersion dans les galeries a été retranscrite en réalité virtuelle. Le Musée de l’Ardoise a mis à disposition un casque Oculus à cet effet et pense déjà d’investir dans un deuxième vu le succès auprès des visiteurs. Le musée de cette petite commune enregistre entre 30 et 40 visiteurs par jour.

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