Plus de 20 ans après ses débuts, le projet Galileo touche enfin au but. Deux nouveaux satellites ont été envoyés dans l'espace dans la nuit du 4 au 5 décembre. Ils rejoindront les 26 autres qui composent déjà cette constellation. Opérée par Arianespace pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA), cette mission baptisée VS26 a décollé depuis le port spatial de Kourou (Guyane française) et mobilisé une fusée Soyouz. Le lanceur russe a déjà transporté 14 de ces satellites Galileo entre 2011 et 2016, date à laquelle ce système de navigation européen est enfin devenu opérationnel, après de nombreux retards.
Ce programme colossal représente une alternative européenne aux systèmes américain (GPS), russe (Glonass) ou chinois (Beidou). Un enjeu de souveraineté qui a poussé l'Union européenne à investir sept milliards d'euros entre 2014 et 2020 et à prévoir un montant similaire pour la période 2021-2027. « Galileo offre des services ultra précis de positionnement, navigation et synchronisation horaire à plus de 2,3 milliards d’usagers dans le monde entier », précise Arianespace dans un communiqué.
Une nouvelle génération
Les applications de ce projet concernent aussi bien les particuliers (géolocalisation de smartphone ou de véhicule), l'armée (positionnement des unités mécanisées, des missiles ou des avions), les services publics (organisation du trafic aérien, mesures topographiques) que le milieu professionnel (industrie, agriculture). Capable de localiser un point avec une précision d'un mètre, ce système surpasse aujourd'hui tous ses concurrents.
Six satellites supplémentaires viendront compléter la constellation Galileo d'ici à 2025, grâce à des lancements assurés à la fois par Soyouz et par Ariane 6, la nouvelle fusée européenne. Mais une deuxième génération de douze satellites, plus performants, est déjà en préparation. Pour ce marché de 1,47 milliard d'euros, l'ESA a choisi en janvier Airbus et Thales Alenia Space au détriment de l'entreprise allemande OHB, qui avait pourtant fabriqué les 34 premiers satellites. Fin mai, la justice européenne a rejeté la plainte de cette dernière, estimant que l'intérêt de ce programme pour les citoyens primait sur les querelles entre industriels.



