Analyse

La console de jeu PlayStation 5, un lancement à gros enjeux pour Sony

Sony a dévoilé sa nouvelle console de jeu PlayStation 5. Un lancement à haut risque dans le contexte de numérisation de la société et du développement des jeux à la demande dans le cloud. Voici les enjeux pour le géant japonais de l’électronique.

 

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Sony PlayStation 5
Les deux modèles de PlayStation 5 et leur manette de jeu

Fin de suspense. Les fans des jeux vidéo savent enfin à quoi ressemble la PlayStation 5 (PS5). Sony en a dévoilé le design, le 11 juin 2020. La nouvelle console se décline en deux modèles, l’un avec un lecteur Blu-ray, l’autre dépendante des jeux en ligne. Elle sera accompagnée au lancement de 25 jeux dédiés issus pour moitié d’autres éditeurs. Pas encore de date de commercialisation ni de prix.

Vers une expérience plus immersive

Sur le plan technique, la PS5 est annoncée comme 100 fois plus rapide que la PS4. Elle promet une expérience plus immersive avec notamment une interface haptique et du son 3D. " Par exemple, en installant un retour haptique, nous visons à créer une sensation de lourdeur lorsqu'une voiture passe sur une route boueuse et, en installant des déclencheurs adaptatifs, nous prévoyons de créer une sensation de tiraillement lorsqu'un arc est tiré en arrière, précise la société. Ces sensations réalistes devraient apporter encore plus d'enthousiasme aux jeux. "

Voilà pour les promesses. Mais cette nouvelle console va-t-elle rééditer le succès de la PS4 écoulée à 120 millions d’exemplaires (au 31 mars 2020) depuis son lancement en novembre 2013, ce qui en fait la console de salon de dernière génération la plus populaire du marché devant la Xbox One de Microsoft (vendue à 46 millions d’exemplaires) et la Switch de Nintendo (vendue à 56 millions d’unités) ? C’est difficile à dire.

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Trois quarts de ventes via le numérique

Car le contexte est en train d’être bouleversé par la numérique et le cloud. Un virage que Sony a déjà pris avec ses services PlayStation Plus (ventes de jeux en ligne) et PlayStation Now (jeux à la demande dans le cloud). Au 31 mars 2020, le groupe revendique 41,5 millions d’abonnés PlayStation Plus et 2,2 millions d’abonnés PlayStation Plus. Le numérique représente déjà les trois quarts de ses ventes de logiciels de jeux.

Seulement voilà : la révolution du cloud risque de tout chambouler. Si Sony a été pionnier en la matière avec le lancement de ses services de jeux à la demande en 2014, ce sont les géants d’internet qui semblent aujourd’hui les mieux placés pour faire passer ce mode de consommation de jeu en streaming dans les mœurs. Google a déjà lancé son service Stadia. Microsoft se prépare à faire de même pour son service xCloud. Et d’autres mastodontes du digital pourraient faire leur entrée comme Apple ou Amazon. Sans compter le chinois Tencent déjà fortement présent sur ce créneau. Outre leur puissance financière, leur marketing offensif et leur appétit d’ogre, ces stars du numérique ont le gros avantage d’être aussi des poids lourds du cloud mondial, ce qui n’est pas le cas de Sony.

Un axe stratégique de survie

Les enjeux pour le géant japonais de l’électronique sont pourtant considérables. Depuis qu’il a perdu son aura dans l’électronique grand public au profit de Samsung, LG et autre Apple, il fait des jeux vidéo un des deux axes stratégiques de sa survie, aux côtés de son activité dans les capteurs d’image Cmos. Son activité de jeux vidéo constitue le plus gros contributeur à ses résultats avec 24 % de son chiffre d’affaires total et 28 % de son bénéfice total d’exploitation de son dernier exercice fiscal clos en mars 2020. Sony ne peut pas se permettre de perdre cette vache-à-lait vitale, alors qu’il a vu disparaître la moitié de son chiffre d’affaires dans l’électronique grand public en quinze ans.

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