La Compagnie nationale du Rhône (CNR), filiale d'Engie, a détaillé son projet de barrage hydroélectrique sur le Rhône à Loyettes (Ain), à proximité de la centrale nucléaire EDF du Bugey. «Ce sera le dernier ouvrage de cette envergure», assure Laurence Borie-Bancel, présidente de la CNR qui exploite 19 barrages en concession sur le Rhône. La CNR a levé le voile sur son projet à quelques heures de l'ouverture d'une consultation de trois mois sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) qui démarre vendredi 1er décembre.
La CNR estime son investissement à 330 millions d'euros pour construire un ouvrage dit de basse chute, qui nécessitera une hauteur d'eau de 6,80 mètres et un mur de 12 mètres de haut, «sans création d'un canal d'amenée», souligne Olivier Le Berre, chef de ce projet Rhônergia à la CNR, anticipant les remarques qui arriveront sur la consommation de foncier agricole et la préservation des berges sauvages.
140 GWh, soit la consommation de 60 000 habitants
Sur ce dernier point, la CNR indique que le lit du fleuve sera aménagé sur 22 km en amont, et endigué sur les 4 derniers km avant l'ouvrage, «pour contrôler les risques de crues», indique Olivier Le Berre. Et sécuriser l'approvisionnement. L'eau du Rhône alimentera une centrale hydroélectrique construite rive droite, à Loyettes, qui sera raccordée au réseau par des câbles souterrains sur 4 km. La puissance envisagée est de 140 GWh par an, soit la consommation de 60 000 habitants.
Agence 2BR/CNR Esquisse du "scénario d'intégration paysagère du projet - Agence 2BR/CNR

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Après l'étape de la consultation, qui se terminera le 29 février, l'Etat devra valider la viabilité du projet. Viendront ensuite les études d'impact, l'enquête publique et les travaux à partir de 2027 pour une mise en service espérée en 2033.
Opposition locale et conflit d'usages
Sans anticiper sur la décision des pouvoirs publics, l'électrification des usages encourage ce type d'installations qui peuvent turbiner quand la demande est forte. «Ce projet répond aux engagements de la France de décarboner son électricité. Chaque électron compte», insiste François Chaumont, délégué régional de RTE. D'autre part, le parlement a voté à l'unanimité le renouvellement de la concession jusqu'en 2041 de la CNR sur le Rhône en février 2022. «La loi contient explicitement ce projet de barrage», argumente Laurence Borie-Bancel. Si les partisans du projet martèlent leurs arguments, c'est qu'ils savent qu'ils vont devoir faire face à des oppositions.
Si la centrale accueillant la turbine sera construite rive droite dans le département de l'Ain, sur des terres agricoles, sur l'autre rive à Saint-Romain-de-Jalionas (Isère), le maire est opposé au barrage et un collectif d'habitants se constitue pour dénoncer un aménagement au cœur de l'un des derniers sites sauvages du Rhône.
Autre bémol : les dernières études sur le Rhône anticipent une diminution de son débit, aggravée par la fonte des glaciers alpins. Or, il y a un conflit d'usages sur ce fleuve qui refroidit quatre centrales nucléaires, qui irrigue les vergers de la Drôme, de l'Ardèche, du Vaucluse et du Gard. Et qui doit assurer la décarbonation du transport de fret entre Marseille et Lyon.
Situé à quelques kilomètres de la centrale EDF du Bugey, dont on sait depuis l'été dernier qu'elle va accueillir les deux prochains EPR2, la CNR assure que le futur barrage ne servira pas de réservoir de secours. «Les deux fonctionnalités sont distinctes», assure Olivier Le Berre.



