La Chine redémarre l'EPR 1 de Taishan, un an après un incident lié à un problème d'étanchéité

Mis à l'arrêt fin juillet 2021 en raison d'un incident provoqué par un problème d'étanchéité, l'EPR numéro 1 de la centrale nucléaire de Taishan (Chine) a été reconnecté en début de semaine au réseau électrique. CGN, l'exploitant local, écarte tout danger et assure faire de la sécurité « une priorité ».

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EPR Taishan en Chine
La centrale nucléaire de Taishan est exploitée à 70% par le chinois CGN et à 30% par EDF.

Le parc nucléaire chinois récupère l'une de ses pièces maîtresses. China General Nuclear Power Group (CGN), le principal exploitant de la centrale nucléaire de Taishan (Chine), a en effet indiqué mardi 16 août que l'EPR numéro 1 avait été redémarré puis reconnecté au réseau électrique en début de semaine, plus d'un an après sa mise à l'arrêt. Le groupe chinois précise qu'aucune «anormalité» sur la centrale et ses environs n'a été constatée lors des diverses opérations d'inspection et de maintenance et affirme faire de la sécurité «une priorité».

Problème d'étanchéité

La production du réacteur en question avait été interrompue fin juillet 2021, après la découverte d'un problème d'étanchéité de barres de combustibles. Le média américain CNN avait d'abord évoqué une fuite présentant une «menace radiologique imminente», avant que les autorités ne démentent cette affirmation. En réalité, l'anomalie avait engendré une augmentation de la concentration des gaz rares dans le circuit primaire du réacteur, un phénomène qualifié de «courant» par CGN et EDF, qui détiennent respectivement 70% et 30% de la coentreprise chargée d'exploiter la centrale. Une position d'ailleurs partagée par la déléguée générale de la Société française d'énergie nucléaire (Sfen), Valérie Faudon.

Fin novembre, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) avait saisi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) après avoir été contactée par un lanceur d'alerte affirmant avoir identifié l'origine de cette anomalie. Selon lui, les «dégradations constatées sur les assemblages de combustible nucléaire […] sont dues principalement à des vibrations anormales», qui «seraient liées à un défaut de la conception de la cuve de la filière EPR».

Les déboires des EPR

Si elles étaient avérées, ces révélations porteraient un sérieux coup à la technologie EPR. Conçue pour offrir une puissance améliorée et présentée comme le fleuron de l'industrie nucléaire française, elle a pourtant accumulé de nombreux retards et dépassements budgétaires ces dernières années. Outre les deux réacteurs EPR de Taishan, seul celui d'Olkiluoto (Finlande) est aujourd'hui opérationnel. Il faudra attendre au moins la fin de l'année 2023 pour que Flamanville (Manche) mette enfin le sien en service et juin 2027 pour ceux construits à la centrale de Hinkley Point C (Royaume-Uni).

Malgré ces déconvenues, le président Emmanuel Macron a décidé de placer cette technologie au cœur de sa stratégie énergétique. En février, il avait en effet annoncé vouloir bâtir six nouveaux EPR2 en France d'ici à 2050, avec une prochaine inauguration prévue sur le site de Penly (Seine-Maritime) à l'horizon 2035. Un projet estimé à ce jour entre 52 et 56 milliards d'euros, et qui pourrait même mener à la construction de huit EPR supplémentaires.

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