La Chine proteste contre l’accord entre les Etats-Unis, les Pays-Bas et le Japon dans les puces

Par la voie de son association de l’industrie des semi-conducteurs, la Chine proteste contre l’accord conclu entre les Etats-Unis, les Pays-Bas et le Japon pour restreindre son accès aux technologies de puces. Les restrictions américaines mettent déjà à l’arrêt les plans d’expansion des fabricants chinois de mémoires YMTC et CXMT.

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YMTC usine de mémoires flash 3D à Wuhan
Usine de mémoires flash 3D de YMTC à Wuhan, en Chine

Par un communiqué publié le 15 février, l’association chinoise de l’industrie des semi-conducteurs (CSIA) réagit officiellement à l’accord secret conclu  fin janvier entre les Etats-Unis, les Pays-Bas et le Japon pour restreindre les exportations des technologies de puces vers la Chine. «La CSIA proteste contre l'acte de destruction de l'écosystème mondial existant de l'industrie des semi-conducteurs, s'oppose à l'acte d'ingérence dans la libéralisation du commerce mondial, faussant l'équilibre de l'offre et de la demande, et dénonce la tentative d'exclure l'industrie chinoise des semi-conducteurs de l'écosystème mondial de l'innovation et de la libre concurrence du marché.»

En octobre 2022, les Etats-Unis ont un annoncé un durcissement des restrictions d’exportation des technologies de puces vers la Chine. Elles concernent les circuits logiques (comme les microprocesseurs) en technologie de 16 nanomètres et moins, les mémoires Dram en technologie de 18 nanomètres et moins, et les mémoires flash 3D à 128 couches et plus. Il devient aussi interdit aux fournisseurs et citoyens américains d’apporter leur assistance aux entreprises en Chine dans le développement et la production de puces faisant l’objet de ces restrictions. Le Japon et les Pays-Bas se sont engagés auprès de Washington à appliquer les mêmes restrictions.

Retard de quatre générations dans les circuits logiques

Le fondeur SMIC, plus grand fabricant chinois de puces, se limite aujourd’hui dans les circuits logiques à la génération de 14 nanomètres, ce qui le met en retard de quatre générations technologiques sur les deux fondeurs les plus avancés au monde : le taïwanais TSMC et le sud-coréen Samsung. Dans les mémoires Dram, le fabricant chinois CXMT en est à la technologie de 16 nanomètres, en retard de deux générations sur les trois grands acteurs du marché (Samsung, SK hynix et Micron Technology). Les mémoires flash 3D constituent le seul domaine où la Chine était en passer de combler son retard, voire de prendre le leadership technologique avec la première puce au monde à 232 couches de son fabricant YMTC.

Sans les équipements américains, japonais et néerlandais, il sera difficile aux fabricants chinois non seulement de progresser mais aussi d’augmenter et même de maintenir leurs capacités actuelles de production. Selon le cabinet TechInsights, sur le Top 15 des équipementiers de production de semi-conducteurs en 2021, quatre sont américains (Applied Materials, Lam Research, KLA et Teradyne), sept sont japonais (Tokyo Electron, Screen, Advantest, Kokusai Electric, Hitachi High-Tech, Canon et Disco) et deux sont néerlandais (ASML et ASM International). La Chine n'y compte aucun équipementier.

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Des licenciements chez les fabricants chinois de mémoires

La CSIA en appelle au gouvernement chinois pour maintenir un développement sain de l'écosystème mondial des semi-conducteurs et promet d’aider les entreprises étrangères, qui défendent le concept de mondialisation et les valeurs d’un écosystème de semi-conducteurs global et ouvert, à soutenir leurs opérations commerciales sur le marché chinois.

Les sanctions américaines commencent à se ressentir durement notamment sur les deux fabricants chinois émergents de mémoires CXMT et YMTC. Ils se préparaient à ouvrir chacun une deuxième mégafab. Mais leurs projets ont dû être stoppés net par la perspective de ne pas pouvoir acheter les équipements de production nécessaires. Selon le site d’information Nikkei Asia,YMTC aurait été contraint de réduire ses effectifs de 10 % et CXMT de 5 à 7 %. Les salariés des deux entreprises sont plongés dans l’incertitude.

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