La bonne santé des constructeurs métalliques à peine contrariée par la flambée des prix de l’acier

S’ils s’inquiètent pour leurs marges, les industriels de la construction métallique se réjouissent, pour l’heure, que l’envolée des prix de l’acier - et de leurs tarifs - n’ait pas affecté les carnets de commandes.

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Bâtiment en construction métallique
Les bâtiments industriels constituent toujours le cœur de l'activité des constructeurs métalliques.

Moral contrarié pour les entreprises de la construction métallique. En 2021, l’activité a progressé de 8% par rapport à 2019. « 2022 aurait pu suivre cette tendance, les carnets de commandes étant déjà à six mois d’activité et la progression de l’activité étant prévue entre 2% et 3% », indique Roger Briand, président du Syndicat français de la construction métallique (SCMF). Le déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie a toutefois rebattu les cartes : 80% des brames, des semi-produits sidérurgiques utilisés par les aciéristes européens, étaient fournis jusqu'alors fournis par des aciéristes russes et ukrainiens, rappelle-t-on au SCMF.« Les commandes enregistrées avant les événements sont assurées aux constructeurs métalliques. Il y a une surenchère sur les prix », poursuit Roger Briand.

Mais la filière (800 entreprises, 25 000 collaborateurs directs, 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires) se réjouit, pour l’heure, de garder le cap en matière de commandes, malgré des tarifs en hausse de 35% en moyenne sur l’ensemble de l’année 2021. Un moyen de répercuter partiellement l’explosion des prix de l’acier (+142% en quinze mois), avec un prix moyen de 700 euros par tonne à l’achat en novembre 2020, contre 1 700 euros par tonne actuellement.

Face à cette inflation galopante, certains constructeurs ont recours au chômage technique - une demande a été effectuée auprès du gouvernement afin que celui-ci soit pris en compte et s’accompagne d’aides. Une option qui n’a pas été retenue dans le plan de résilience présenté mercredi 16 mars. En 2021, 780 000 tonnes d’acier avaient été mises en œuvre par les constructeurs métalliques français, principalement dans les bâtiments industriels (438 170 tonnes, soit 61,41% des usages).

La RE2020 et la REP Bâtiment, prochaines échéances

Dans ce contexte tendu, l’application de la nouvelle réglementation environnementale RE2020 provoque l’ire des représentants des constructeurs métalliques. « L’analyse du cycle de vie dynamique apporte un avantage au matériau bois inexplicable scientifiquement, et impose une diminution irréelle des émissions de CO2 à la fin de vie du bois. Cela va avoir pour conséquence la baisse de la production de matériaux recyclés de l’acier », s’emporte Roger Briand. La filière compte faire valoir la facilité de déconstruction de ses matériaux, boulonnés, et engager un travail sur les modalités de réemploi des produits acier, notamment en termes d’assurabilité.

En vigueur depuis le 1er janvier 2022, avec une mise en oeuvre qui doit intervenir au plus tard au 1er janvier 2023, la filière de responsabilité élargie du producteur des produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment (REP PMCB) fait également partie des dossiers suivis par la profession. Deux des principaux adhérents du SCMF, le groupe Briand et Fayat Métal, ont choisi d’entrer au capital de Valobat. L’éco-organisme compte se positionner comme un « généraliste », et concourra, à ce titre, pour être également agréé sur les déchets inertes, à l’instar d’Ecominero, soutenu par les organisations professionnelles de cette filière.

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