La bioraffinerie MetEx de Carling-Saint-Avold reprise par le belge Maash

L’unité de biochimie industrielle construite par le groupe MetEx à Carling-Saint-Avold, en Moselle, est reprise par la start-up Maash, filiale du groupe belge Galactic. Le tribunal de commerce de Paris a validé le 25 juin l’offre présentée par ce spécialiste des procédés de fermentation ; un projet qui sauve l’usine, mais ne préserve que 10 de ses 46 emplois.

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Metex Carling
La start-up belge Maash s'empare de l'usine Metabolic Explorer de Carling, en Moselle.

Inaugurée en septembre 2021 sur la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold, en Moselle, la première bioraffinerie du clermontois Metabolic Explorer (MetEx) passe sous pavillon belge.

Les activités de l’usine dans la chimie verte ont été cédées le 25 juin à la barre du tribunal de commerce de Paris à la start-up Maash, une filiale de Galactic, un groupe de 350 salariés, spécialiste de la fermentation, basé à Escanaffles (Belgique). Sur le plan social, cette opération d’un montant de 2 millions d’euros se traduit par la reprise de 10 des 46 salariés de la filiale MetEx Nøøvista, une société basée à Paris et placée en redressement judiciaire le 25 mars dernier.

Rudolph Hidalgo, directeur-général adjoint de MetEx, évoque pour L'Usine Nouvelle sa satisfaction «d’avoir trouvé un repreneur et donné un avenir à la bioraffinerie mosellane». Recruté en novembre 2023 par le groupe de 400 salariés (chiffre d’affaires de 132,4 millions d’euros en 2023), ce spécialiste de la restructuration et du retournement d’entreprises en difficulté aurait néanmoins préféré «un schéma qui préserve un plus grand nombre d’emplois», mais évoque le projet de transformation du site «synonyme de potentielles nouvelles embauches d’ici deux à trois ans». Maash planche en effet sur la production de protéines destinées à l’alimentation, des protéines qu’il synthétiserait à Carling-Saint-Avold via un procédé de fermentation utilisant les propriétés de champignons.

Dommage collatéral

Concrétisation d’une dizaine d’années de R&D, le site de Carling-Saint-Avold était positionné sur un marché émergent, celui du 1,3 propanediol (PDO), un substitut naturel aux composants pétrochimiques pour les marchés de la cosmétique et des polymères biosourcés. Rudolph Hidalgo insiste sur le fait que le projet qui a mobilisé 48 millions d’euros d’investissement, «n’était pas prévu pour être rentable au démarrage». Selon le directeur-général adjoint, le plan de développement de la bioraffinerie prévoyait d’atteindre ce seuil avec «la construction d’une seconde tranche, deux à quatre ans après l’entrée en activité de MetEx Nøøvista».

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L’unité de biochimie industrielle fait les frais de multiples difficultés conjoncturelles rencontrées depuis la crise sanitaire par le groupe clermontois fondé en 1999, notamment sur son usine amirale MetEx Nøøvistago d’Amiens (Somme), placée elle aussi en redressement judiciaire cinq jours avant sa société sœur. L’usine picarde de 282 salariés, rachetée en mai 2021 au japonais Ajinomoto, a subi la hausse des prix des énergies, mais également celle du cours du sucre, sa matière première. Elle a enfin été victime du dumping chinois sur son ingrédient phare, la lysine, un additif naturel employé en alimentation animale. Sur l’exercice 2023, le chiffre d’affaire généré par le site d’Amiens a chuté à 35,2 millions d’euros contre 138 millions en 2022 ; des résultats qui ont pesé lourd sur la trésorerie du groupe détenu à 30% par le fonds SPI de la banque publique Bpifrance.

Le dossier mosellan clos, le tribunal de commerce de Paris devrait examiner ce lundi 1er juillet l’offre de reprise déposée par le groupe Avril portant sur les activités de R&D de MetEx à son siège de Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme) et celles de l’usine MetEx Nøøvistago d’Amiens. Au total, 304 salariés seraient repris.

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