Le site d’embouteillage des eaux de Volvic a été victime d’un incendie volontaire dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Deux individus se sont introduits illégalement dans un local sur le site industriel, paralysant l’usine d’embouteillage et la production. Ce local est en effet l’un des points névralgiques de l’usine qui permet de faire tourner les installations. «De gros dégâts sont à déplorer. C’est un local technique qui permet d’alimenter en énergie nos installations et sans cela, on ne peut pas faire tourner notre activité», a expliqué le directeur de l’usine, visiblement marqué.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les caméras de surveillance ont filmé deux personnes masquées et vêtus d’habits de camouflage qui se sont introduits aux alentours de 2 heures du matin par effraction. Avant de repartir, les intrus ont tagué sur le mur une inscription en rose fluo : "Extractivisme de l'eau ? Nan mais à l'eau quoi ? ". Le tout ponctué d’un émoticône souriant.
«Les dégâts sont d’ordre technique et n’ont aucun impact sur la qualité de l’eau. Nous condamnons avec la plus grande fermeté cet acte qui vise à nuire à l’activité d’une entreprise locale historique», dénonce la direction de l’usine qui a déposé plainte.
La gendarmerie mène l’enquête. Le Parquet de Clermont-Ferrand s’est saisi de l’affaire. Pour l’heure, les chaines sont totalement à l’arrêt. Elles pourraient redémarrer d’ici la fin de la semaine, «peut-être le 3 mai au matin». Un millier de salariés sont directement affectés par cet acte de sabotage. Ils ont été mis en RTT et devraient échapper au chômage technique.
Pas de revendication
Aucune revendication n’a été émise. La piste d’activistes du climat semble privilégiée. Ces dernières années, Volvic est au cœur de polémiques concernant le prélèvement de la ressource. La direction préfère mettre en avant tous ses efforts pour réduire son empreinte carbone. Dans une récente interview accordée par le directeur de l’usine des eaux de Volvic à L’Usine Nouvelle, Emmanuel Gerardin assurait que le groupe Danone avait investi 30 millions d'euros dans son outil industriel à Volvic pour faire baisser sa consommation d’eau. «Nous réduisons nos prélèvements de manière significative et nous sommes engagés sur le sujet pour l’avenir de manière forte. On est ouverts au débat et aux discussions : d’ailleurs, on a reçu ces dernières semaines le milieu associatif avec qui on n’est pas toujours d’accord. Mais ces événements sont extrêmement graves et condamnables », insiste le directeur. En 2023, le minéralier auvergnat a vendu 1,7 milliard de litres d'eau en bouteille.



