L'usine de Choisy-le-Roi, spécialiste du recyclage de moteurs, condamnée par Renault à la fermeture

Le vaste plan d'économies de 2 milliards d'euros présenté le 29 mai par le constructeur automobile français Renault prévoit la fermeture de l'usine de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. Le site, spécialisé dans le recyclage de moteurs, emploie 250 personnes. 

 

Réservé aux abonnés
A NE PAS REUTILISER AFP
Salariés et élus étaient sur place à 7 heures ce vendredi 29 mai.

"L'entreprise ne peut plus supporter le poids de ses frais généraux compte tenu du retournement du marché" a annoncé lors d'un point presse vendredi 29 mai le président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard. En présentant son plan d'économies de 2 milliards d'euros, qui prévoit la suppression de 15 000 emplois à travers le monde, dont 4 600 en France, le constructeur au losange a annoncé la fermeture de son site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).

"Contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, nous ne fermerons qu'un seul site à l'horizon 2022, sur nos 14 sites industriels en France, c'est Choisy pour lequel nous allons valoriser les compétences en région parisienne", a poursuivi Jean-Dominique Senard.

Une partie des activités de l'usine, qui emploie 250 personnes et 150 intérimaires, pourraient être transférées sur le site de Flins (Yvelines), qui cesserait pour sa part d'assembler des modèles comme la Nissan Micra et la voiture électrique Zoe.

Un site dédié au recyclage des moteurs datant de 1949  

Ouverte il y a 70 ans, l'usine de Choisy-le-Roi est spécialisée dans le recyclage de moteurs, avant que ces derniers ne soient réinjectés dans son réseau d'après-vente. Doté d'une expertise dans la rénovation d'organes mécaniques, le site produit moteurs, boîtes de vitesses mécaniques, turbo, pompes d’injection et collections de culasses. En 2015, l'Usine Nouvelle s'était rendue sur le site de Choisy, où étaient assemblés chaque année 15 000 moteurs, 20 000 boîtes de vitesses et 16 000 systèmes d’injection par les 300 employés de l'époque.

En 2018, hausse des volumes: ce sont 34 660 moteurs et 29 350 boîtes de vitesse qui étaient sortis des cinq lignes de production. Le site avait été un des premiers du groupe Renault à rouvrir le 22 avril dernier, suite à la pandémie de Covid-19 et au confinement.   

Salariés et élus sur place le 29 mai au matin

Tous les salariés étaient sur place dès 7 heures ce vendredi 29 mai. La stupeur a laissé place à la colère. Pour certains, pas question de partir à Flins. "On ne sait pas dans quelles conditions on va travailler là-bas. Ici tout le monde se connaît. Il y a une bonne ambiance. Certains sont là depuis 30, 40 ans", a affirmé un ingénieur de 59 ans, cité par le Parisien.

A leurs côtés, de nombreux élus ont fait le déplacement, comme le secrétaire national du PCF Fabien Roussel et Frédéric Homez, secrétaire général de la fédération Fo de la métallurgie.

"C'est dramatique, a réagi Hélène Luc, ancienne sénatrice du Val-de-Marne, auprès du Parisien. Cette usine est un modèle. D'autant que maintenant beaucoup de gens en difficulté vont changer de moteur plutôt que d'acheter une nouvelle voiture". Sur Twitter, le député LREM du Val-de-Marne Jean-François Mbaye, également venu sur place, juge la décision "aberrante". "A la rencontre des syndicats et des salariés de l'usine Renault de Choisy-le-Roi pour entendre leurs inquiétudes quant à la menace de fermeture, et leur réaffirmer mon soutien total", a-t-il twitté.

Sur les réseaux sociaux, la nouvelle a suscité de nombreuses réactions. Un délégué FO salarié du site présent vendredi 29 mai s'est indigné dans une vidéo : "On enlève d’un coup de crayon un site qui a contribué énormément au développement de la région !". "Rassemblement ce matin à Choisy pour défendre l'avenir du site. La CFDT ne laissera pas faire un projet visant à détruire le tissu industriel", a de son côté twitté Franck Daoût, délégué syndical de la centrale CFDT chez Renault. La CFE-CGE a exhorté dans un communiqué le constructeur au losange à associer les partenaires sociaux à la réflexion sur l'avenir du groupe. 

"La fermeture d'un tel site constituerait un non-sens total tant celui-ci a développé une expertise dans l'économie circulaire utile à la transition écologique pour l'ensemble du groupe Renault", écrit Christian Favier, le président (PCF) du conseil départemental du Val-de-Marne Christian Favier dans un texte commun avec le maire (PCF) de la ville Didier Guillaume. "Cette usine est le deuxième employeur de notre commune", a déploré enfin le maire de Choisy, au micro de BFM TV.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs