L'Union européenne propose d'interdire toute importation de gaz russe d'ici à la fin 2027

La Commission européenne a annoncé, mardi 6 mai, vouloir interdire la signature de tout nouveau contrat d'importation de gaz russe d'ici à la fin 2025 et bannir toute importation d’ici à fin 2027 pour les contrats restants.

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Cape-Ann au Havre
Selon un rapport du think tank Institute for energy economics and financial analysis (IEEFA), si les importations françaises de gaz naturel russe par pipeline ont baissé depuis 2022, celles de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance de Russie ont augmenté de 81% entre 2023 et 2024, avec un paiement de 2,7 milliards d'euros.

L’Union européenne compte aller jusqu’au bout... à horizon 2027. La Commission européenne a annoncé, ce mardi 6 mai, qu'elle publierait en juin des propositions légales visant à interdire l’importation de gaz russe dans le cadre de nouveaux contrats et de contrats spot dès la fin 2025. L’exécutif européen compte également interdire toute importation restante, via les pipelines et sous forme de gaz naturel liquéfié, d'ici à la fin 2027.

«L'Union européenne envoie un message très clair à la Russie : plus jamais nous ne lui permettrons d'utiliser l'énergie comme arme contre nous», a déclaré le commissaire européen Dan Jorgensen. Ces propositions devront être approuvées par le Parlement européen et la majorité qualifiée des pays membres de l'UE.

Dans un projet de feuille de route publié ce 6 mai, la Commission prévoit d’obliger les entreprises européennes à divulguer les volumes et la durée de leurs contrats d'approvisionnement en gaz russe. En parallèle, elle demande également à chaque Etat membre de proposer des «plans nationaux obligatoires» d’ici à la fin de l’année visant à stopper les importations d’énergie russe. Des mesures visant les importations d'uranium enrichi russes pourraient également être présentées en juin.

Pas de levée des sanctions prévue en cas de traité de paix avec l'Ukraine

L’éventuelle levée de ces mesures en cas de signature d’un traité de paix dans le cadre de la guerre en Ukraine n’est pas à l’ordre du jour. «Il ne serait pas raisonnable de notre part de redevenir dépendants du carburant russe.Avant tout, Vladimir Poutine a montré qu'il n'hésitait pas à faire du chantage avec le robinet du gaz. Nous ne devrions pas nous placer à nouveau dans une telle situation de vulnérabilité. Ensuite, nous ne voulons pas soutenir son économie de guerre, car qui sait quel pays sera le prochain», a justifié le commissaire européen Dan Jorgensen.

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«Ces mesures ne devraient pas se traduire par des augmentations de prix, avance Dan Jorgensen. Mais pour certains pays, la transition sera plus difficile que pour d’autres.» La Commission indique prévoir un déploiement progressif «tenant compte des spécificités nationales en termes de besoins d'approvisionnement et d'alternatives».

L’objectif fixé par l’Union européenne demeure une gageure, tant les Vingt-sept sont encore dépendants du gaz russe. Environ 19% du gaz européen provient toujours de Russie, via gazoduc et expéditions de gaz naturel liquéfié - contre environ 45% début 2022 suite à l’instauration d’un embargo. La Commission européenne espère une réduction d’un tiers des approvisionnements restants en gaz russe au sein des vingt-sept d’ici à fin 2025.

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