Les ministres de la Défense de l’Otan ont retenu la candidature de Toulouse (Haute-Garonne) pour accueillir le futur Centre d’excellence spatial de l'organisation militaire internationale.
L’information a été confirmée le 4 février par le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean. Le ministère des Armées a officialisé une décision prise quelques jours plus tôt par les ministres de la Défense de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan). Ce nouveau centre d'excellence spatial aura pour mission de mutualiser les expertises des pays membres de l'Otan et de leurs partenaires en vue de protéger les satellites des pays membres de l'Alliance Atlantique contre les attaques.
"Ce choix de l’Otan pour accueillir son centre spatial d’excellence est une reconnaissance des atouts et du niveau de compétences dans le domaine de notre ville. Ces équipes, par leur installation, vont développer l'économie locale et donc contribuer à l'emploi local", s'est aussitôt félicité Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole.
Ce futur centre d'excellence de l'espace devrait accueillir d'ici 2023 plusieurs dizaines d'officiers experts en provenance des différents pays de l'Otan, selon le communiqué de la ville de Toulouse. Les premiers d'entre eux sont attendus dès 2021.
L'implantation de cette instance internationale conforte la place de Toulouse, où sont concentrés la moitié des effectifs français et le quart de l’effectif européen du spatial, dans la dynamique européenne du spatial. Elle s'inscrit en outre dans la foulée du choix du ministère des Armées d'implanter à Toulouse le nouveau commandement de l'Espace. Ce CDE devrait progressivement concentrer à Toulouse, sur le site du Cnes, toutes les composantes dispersées du spatial militaire français, pour un effectif de 400 personnes à l'horizon de 2025.
Le choix de l’Otan d’établir son centre d’excellence spatial à Toulouse marque la reconnaissance de l’expertise et l’investissement des armées françaises dans le domaine. En 2021, la France va procéder au lancement de plusieurs satellites militaires, les trois satellites Ceres pour renforcer ses capacités d'écoute et de renseignement électromagnétiques spatiales, ainsi que deux satellites de télécommunications Syracuse. En décembre dernier, le centre spatial guyanais a déjà réussi le lancement du satellite CSO-2 dédié à l’observation militaire.
La France a fait de l’espace une priorité militaire. Sur la période 2019-2025, elle va consacrer plus de 4,3 milliards d’euros pour moderniser et renforcer ses capacités spatiales.
Marina Angel avec Hassan Meddah



