La menace des droits de douane commence à se faire sentir chez L’Oréal. Le 17 avril, le géant français des cosmétiques a fait état d’un chiffre d’affaires du premier trimestre 2025 boosté de 3,5%, à 11,73 milliards d'euros, grâce à une forte demande pour les parfums et soins capillaires en Europe.
Premiers signes de ralentissement aux États-Unis
Si le groupe a enregistré une hausse dans quasiment toutes les zones géographiques, il n’en est pas de même pour les États-Unis et le Canada, où il réalise 27% de son chiffre d’affaires. Celui-ci est en recul de 1,4%, résultat que l’entreprise attribue à un ralentissement du marché. Et avec les droits de douane qui arrivent, cela risque d’empirer, même si une part relativement importante des produits vendus outre-Atlantique y sont produits.
«Un petit peu moins de 50% est produit aux États-Unis et 30% vient de l’Europe. Le reste provient du Mexique, du Canada, et d’autres parties du monde», a indiqué Nicolas Hiéronimus, PDG de l’Oréal, devant les analystes. Selon le dirigeant, les produits exportés vers les États-Unis viennent principalement de la catégorie du luxe. «Il y a plusieurs moyens d’atténuer l’effet de ces droits de douane. L’un est d’augmenter les prix, comme cela concerne les produits de luxe, où nous avons un peu plus de pouvoir de fixation des prix», explique-t-il.
Une réflexion sur la localisation de la production
Le PDG a également indiqué qu’un stock supplémentaire de produits a été constitué avant l’annonce des droits de douane, et a aussi abordé la question de la relocalisation de la production. «Nous pouvons relocaliser une partie de notre production […] La bonne chose est que nous avons des usines dans toutes les régions du monde. Mais nous ne voulons pas prendre de mesure face à quelque chose qui pourrait être temporaire», a-t-il déclaré, se montrant plus prudent que Bernard Arnault, PDG de LVMH, qui déclarait la veille que face à des droits de douane, le groupe serait «forcément» amené à augmenter sa production américaine.
Le groupe s'est cependant dit «confiant» sur une croissance du marché mondial de la beauté cette année, malgré les tensions économiques et géopolitiques actuelles, et estime que l’impact des droits de douane ne se fera ressentir qu’à partir du second semestre 2025.



