L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés de l'Opep+ sont tombés d'accord, le 3 décembre après des discussions prolongées de deux jours, pour ajouter sur le marché 500 000 barils de pétrole par jour en janvier 2021, puis augmenter progressivement après validation de la capacité du marché à absorber ce pétrole supplémentaire.
Réunions mensuelles
Les restrictions actuelles de ce groupe de pays producteurs de pétrole, mené par l'Arabie saoudite côté Opep et par la Russie du côté des partenaires, passeront donc de 7,7 millions de barils par jour (bj) retirés du marché (par rapport à novembre 2018) depuis le mois d'août à 7,2 millions en janvier.
De nouvelles réductions de l'effort seront ensuite discutés, mois par mois, par les ministres des pays du groupe en fonction de la situation sanitaire et de la capacité du marché à absorber ces hausses de production. L'objectif étant de tester l'ajout de 1 million bj en février, puis 1,5 million en mars et 2 millions en avril.

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Si la situation venait à s'aggraver, les ministres réunis mensuellement pourraient tout aussi bien décider de rehausser les coupes de production, plutôt que de les relâcher.
Un compromis nécessaire
Plusieurs membres de l'alliance plaidaient pour repousser de trois mois la réouverture des vannes afin de maintenir le déficit et de réduire ainsi les stocks qui pèsent sur les cours. Tandis que d'autres, les Emirats arabes unis notamment, dénonçaient le maintien d'efforts qui pèsent sur leurs budgets pendant que certains pays de l'Opep, dont l'Irak, produisaient au-dessus de leur quota ou en étaient dispensés, comme la Libye. Ce désaccord avait abouti à des tensions entre l'Arabie saoudite et les Emirats, qui ont même laissé courir la rumeur d'un possible départ de l'Opep.
Les pays producteurs devront, "à un moment ou un autre, remettre 2 millions de barils par jour sur le marché", a confirmé à la presse au terme de la réunion le vice-Premier ministre russe en charge de l'Energie, Alexandre Novak, qui a présenté à l'Opep son successeur au ministère russe de l'Energie Nikolaï Choulguinov. "Mais le rythme de ce retour dépendra de l'état du marché". Alexandre Novak évoque un compromis atteint au terme de "négociations difficiles".
"La révision mensuelle de ces restrictions de production montre la volonté de l'Opep+ de rehausser sa production sans faire dérailler le rééquilibrage du marché", note Damien Courvalin de Goldman Sachs dans une note publiée le 3 décembre après la décision de l'alliance. "C'est la clé d'un gain de parts de marché pour l'Opep, mais aussi pour une hausse durable des prix du pétrole en 2021", commente Goldman Sachs, qui maintient ses prévisions d'un baril de Brent à 65 dollars à échéance 12 mois.
La banque américaine d'investissement recommande aux producteurs de pétrole de schiste, dans ce contexte de soutien aux prix moins inconditionnel côté Opep, de se focaliser sur la rentabilité plutôt que d'augmenter inconsidérément leur production. Goldman Sachs relève, pour finir, que la demande européenne a été moins affectée que prévu par le reconfinement lié à la deuxième vague de Covid-19.



