Selon l’Opep, le pétrole atteindra son pic en...

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) présentait, le 8 octobre, son rapport World Oil Outlook 2020, contenant ses perspectives pour le pétrole d’ici 2045. Pour la première fois, elle dévoile une date pour le pic de la demande.

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Installations de raffinage
La pandémie de Covid-19 a poussé l’Opep à embrasser la perspective d’un pic de la demande pétrolière.

Le monde du pétrole – et pas seulement lui – "s’est retrouvé sens dessus-dessous lorsque le Covid s’est abattu", a prévenu le secrétaire général de l’Opep Mohammed Barkindo avant de dévoiler le rapport prospectif annuel de l’organisation. La pandémie a, en tout cas, poussé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à embrasser la perspective d’un pic de la demande pétrolière, quand son rapport 2019 prévoyait encore une croissance continue. Elle fixe ce pic pour

la fin des années 2030. La demande mondiale se stabiliserait alors à un plateau d’un peu moins de 110 millions de barils de pétrole par jour.

Encore du charbon...

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La croissance économique, fortement affectée par la crise du Covid-19, pourrait être de seulement 0,7% par an d’ici 2025 dans les pays de l’OCDE (contre 2,1% avant la pandémie) et de seulement 3,4% par an dans les pays hors OCDE (un point sous les prévisions). En 2045, la Chine et l’Inde génèreraient à elles deux 40% du PIB mondial, la part de l’OCDE déclinant à 31% (contre 43% en 2019).

La Terre comptera alors 9,5 milliards d’habitants, conduisant 2,6 milliards de véhicules et consommant chaque jour une énergie primaire équivalant à 361,3 millions de barils de pétrole. Un peu plus d’un quart de cette énergie proviendra effectivement du pétrole, presque autant du gaz, et près de 20% viendra encore du charbon, seul combustible fossile à décliner (-0,3% par an) d’ici 2045.

La demande de pétrole des pays développés en berne

D’ici 2045, l’Opep projette une chute de la demande de pétrole des pays de l’OCDE de 13 millions de barils par jour (Mbj) par rapport à 2019. La demande de l’Europe, en particulier, baisserait de 4,4 Mbj entre 2019 et 2045. La demande des pays non-OCDE, elle, augmenterait de 22,2 Mbj sur la période. Près de la moitié de cette demande supplémentaire proviendrait de l’Inde (+6,3 Mbj), suivie par la Chine (+4 Mbj), le reste de l’Asie (+3,9 Mbj), le Moyen-Orient et l’Afrique.

Les secteurs les plus demandeurs seraient la pétrochimie (+3,7 Mbj d’ici 2045), l’aviation (+2,8 Mbj) et le transport routier (+2,6 Mbj).

Le transport routier électrifié à 16%

Ce dernier, avec une flotte mondiale de 2,6 milliards de véhicules (+1,2 milliard par rapport à 2019) dont 430 millions de véhicules électriques, resterait le principal consommateur de pétrole, avec 43% de la demande totale de pétrole. Les pays de l’OCDE seraient, en 2045, les seuls où les véhicules électriques seraient majoritaires parmi les nouvelles immatriculations de véhicules de tourisme. Les véhicules commerciaux, en revanche, resteraient très majoritairement thermiques partout dans le monde.

Avenir sombre pour le raffinage et la pétrochimie européens

L’Europe est la seule région du monde où l’Opep ne prévoit aucune hausse de capacité du raffinage, voire des fermetures à mesure qu’augmentent les surcapacités et la concurrence de plates-formes plus récentes et plus efficaces dans les régions voisines.

La demande de la pétrochimie est projetée en croissance partout dans le monde, sauf dans les pays de l’OCDE situés en Europe (-0 ,4 Mbj, plus forte baisse) et en Asie-Pacifique. Les plus fortes hausses sont attendues dans les pays de l’Opep (+1,5 Mbj), en Chine (+0,8 Mbj) et dans le reste de l’Asie (+0,8 Mbj).

La transition énergétique en marche

Parmi les grands secteurs consommateurs, seule la production d’électricité réduirait sa demande de pétrole au niveau mondial (-1,1 Mbj). Mieux, elle est projetée stable ou en baisse dans toutes les régions sauf la zone Moyen-Orient-Afrique, marquant une transition quasi-générale vers les énergies renouvelables.

Dans le mix énergétique mondial (énergie primaire), le pétrole et le charbon cèdent du terrain face au gaz (qui passe de 25,1% en 2019 à 25,3% en 2045), face au nucléaire (de 5 à 6,1%) mais surtout face aux énergies renouvelables hors hydroélectricité et biomasse, qui passent de 2,1% du mix à 8,7%.


Les chiffres-clés du World Oil Outlook 2020

D’ici 2045 :

  • La demande globale d’énergie dans le monde devrait croître de 25%
  • Le pétrole restera la première source d’énergie, avec 27,5% du mix énergétique
  • La demande de pétrole est projetée à 109,1 millions de barils par jour
  • Le gaz naturel montera à 25% du mix énergétique
  • Les énergies renouvelables seront celles qui connaîtront la plus forte croissance (6,6% par an)

Source: Opep

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