En 2024, pour la première fois depuis des années, le nombre d’alternants dans l’industrie a reculé : -2,8% par rapport à 2023. Un coup de frein dans un secteur qui avait fait de l’alternance un outil central pour préparer l’avenir. Mais voilà : comme les caisses sont vides, le gouvernement a décidé de raboter les aides.
Les entreprises, surtout en cette période où la conjoncture est plus incertaine, deviennent donc plus frileuses à embaucher, notamment via le contrat de professionnalisation, souvent jugé moins avantageux que le contrat d’apprentissage. C’est ce qui ressort des données publiées par l’Opco 2i, l’organisme qui accompagne la formation professionnelle dans 29 branches industrielles. Les PME sont celles qui recrutent le moins en ce moment.
Le recrutement de cadres en baisse
L’autre enseignement de cette étude c'est que l’industrie investit mieux dans ses alternants. Deux sur trois visent aujourd’hui un bac+3 ou un bac+5. Et les parcours ciblent de plus en plus les cœurs de métier : maintenance, électrotechnique, chaudronnerie… Des savoir-faire qui font tourner les usines, et qu’il faut à tout prix préserver. Et puis il y a un signal à ne pas sous-estimer : l’image de l’industrie change. En bien. Plus de 6 Français sur 10 en ont aujourd’hui une opinion positive, un chiffre en forte hausse. Mieux le secteur du commerce et de la distribution. C’est dire !
Même si l’image change… Au-delà des jeunes, c’est toute l’industrie qui recrute moins. «On ne peut plus parler seulement d’un ralentissement. Il y a un vrai retournement de tendance, après des années post-Covid de rebond extrêmement fort», selon Gilles Gateau, le directeur général de l’Apec. Selon les données de l’association, les recrutements de cadres dans l’industrie vont encore reculer de 3% cette année en France, après avoir déjà baissé de 7% en 2024. L’automobile est particulièrement touchée. Et ça pourrait être pire : cette enquête a été réalisée avant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane aux États-Unis. S’en est fini en tout cas du marché de l’emploi à l’avantage de ceux qui cherchent un poste. La dynamique s’est inversée. Les recruteurs reprennent la main, les exigences remontent, et les candidats vont devoir faire preuve de plus de souplesse, dans leurs prétentions comme dans leurs attentes.



