C’est un village tranquille de l’Allier. Echassières, 400 habitants, est pourtant placé sous les projecteurs depuis quelques mois. Car c’est ici, dans ce petit coin du coeur de la France que s’apprête à s’implanter la mine de tous les superlatifs. Sur l’emplacement de son actuel site d’extraction de kaolin vieux de 150 ans, la société minière Imerys a identifié un gisement de lithium jugé «attractif». 34 000 tonnes annuelles d’hydroxyde de lithium en seront prochainement extraites afin d’équiper 700 000 véhicules électriques par an, et ce pour une durée minimum de 25 ans. La mine d’Echassière deviendrait, après celle du projet Vulcan en Allemagne, la deuxième plus importante en Europe. Ses promoteurs promettent la création d’un millier d’emplois directs et indirects pour un investissement global d’un milliard d’euros.
Alors qu’Imerys évoque une «mine responsable» et un «projet vertueux et respectueux de l’environnement», de nombreuses voix s’élèvent localement pour dénoncer un « projet pharaonique ». «Nous souhaitons préserver notre cadre de vie et ne pas subir de nuisances. Les impacts seront désastreux et irréversibles : dégradation du paysage, nuisances sonores, augmentation du trafic de trains de marchandises, terres agricoles confisquées, pollution de l'eau et des sols», dénoncent les habitants du village voisin Saint-Bonnet de Rochefort où se situe le futur site de chargement du mica, via la gare locale. D’autres critiques ont émergé mardi 12 mars, à Moulins, lors de la première réunion publique d’une série qui s’étalera jusqu’au 7 juillet.
Salle majoritairement hostile
Organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), autorité indépendante, «ce débat est l’occasion d’échanger avec les habitants de l’Allier ou chacun pourra s’exprimer dans le respect de l’autre», assure Marc Papinutti, président de la CNDP en préambule. Mais face une salle majoritairement hostile, les hauts cadres d’Imerys ont dû argumenter pour défendre leur point de vue.
D’autant que les participants venus croiser le fer connaissaient plutôt bien leur sujet. Les uns ont pointé du doigt les différentes condamnations du géant minier notamment au Brésil pour «des manquements graves à l’environnement». «Etes-vous prêts à renoncer à votre projet ?» lance une mère de famille tout de go. «Avez-vous des lobbyistes qui travaillent pour vous ?», demande une autre quinquagénaire. «L’usage du lithium pour construire des véhicules est aberrant ! souligne un autre, puisqu’on sait qu’un SUV électrique est plus polluant que cinq citadines». Des questions ont également émergé quant aux conditions de travail des futurs salariés de la mine et de l’usine de traitement à Montluçon.

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«C’est une véritable chance pour le territoire et plus largement pour le pays de disposer d’un tel gisement. Aujourd’hui, on va chercher le lithium en Chine, en Australie ou en Amérique du Sud, ce qui rend l’Europe totalement dépendante de ces pays. Sans oublier que les règles environnementales et sociales d’extraction dans la plupart de ces pays ne sont pas transparentes», se plait à répéter Alan Parte, vice-président des projets lithium chez Imerys.
Au total, une douzaine de débats se tiendront à travers l’Allier. Une synthèse sera rendue le 8 juillet par la CNDP, avant que ne démarre la phase de l’enquête publique. La route est encore longue avant que la mise en service de la mine d’Echassières prévue théoriquement pour 2028.



