Un missile déjà qualifié de "monstre". La Corée du Nord a profité de la parade marquant les 75 ans de la naissance du Parti des travailleurs, le 10 octobre dans la capitale Pyongyang, pour montrer pour la première fois ce qui est présenté comme un missile balistique intercontinental (ICBM) géant.
Le défilé était retransmis par la télévision d’Etat KCTV. La longueur de ce missile est estimée à 24 mètres et son diamètre à 2,50 mètres, ce qui en ferait le plus gros missile mobile à combustion liquide au monde. Il s’agirait de surcroît d’un missile à plusieurs têtes, dit "MIRV".
KCNA / AFP (Crédit photo: KCNA / AFP)
Impossible de dire évidemment si le missile présenté était une maquette ou un prototype fonctionnel. Les experts prédisent en tout cas un essai dans les prochains mois, peut-être après les présidentielles américaines. Un désavoeu pour l’administration Trump, qui négocie depuis des mois un traité de dénucléarisation de la Corée du Nord. Le président américain avait rencontré Kim Jong Un en personne en juin 2019.
Arsenal balistique
La Corée du Nord continue de renforcer son arsenal militaire, "à des fins d’auto-défense et de dissuasion", a précisé son leader au cours de son discours de 30 minutes. Deux autres missiles ont d’ailleurs été montrés lors du défilé : le Hwasong-15, un missile balistique intercontinental déjà testé dont la portée atteindrait 13 000 km, et un missile mer-air, capable d’être lancé depuis un sous-marin. En avril, alors que le monde était immobilisé par la crise du Covid-19 (la Corée du Nord affirmant n’avoir enregistré aucun cas sur son sol), le pays effectuait un test pour un lanceur de missiles super-larges.
La Corée du Nord réussit ainsi une démonstration de force, et s’installe dans le club des trois pays capables de frapper le territoire américain, avec la Russie et la Chine. Les deux candidats à la présidentielle américaine, Donald Trump et Joe Biden, n’ont pas officiellement réagi à cette provocation du leader nord-coréen.



