Un entrepôt de soja situé dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a été bloqué lundi 31 mai par une dizaine d'activistes de l'association Greenpeace. Plusieurs d'entre eux se sont enchaînés aux portails d'accès avec des antivols autour du cou, d'autres se sont suspendus à un tapis aérien roulant sur lequel sont acheminées les cargaisons. Les militants ont également déployé quelques banderoles sur lesquelles on pouvait notamment lire « Déforestation : soja hautement inflammable » ou encore « Entrepôts pleins de soja/Politique vide de sens ». L'entrepôt en question appartient à Sea-Invest, un opérateur portuaire belge spécialisé dans le vrac.
Des chiffres accablants
« Nous sommes ici pour dénoncer l’inaction climaticide de la France, qui importe chaque année dans ses ports trois millions de tonnes de soja destiné à nourrir nos animaux d’élevage, sans aucune garantie ou traçabilité suffisante, a expliqué dans un communiqué Cécile Leuba, chargée de campagne Forêts à Greenpeace France. Or la culture du soja est l’une des causes majeures de la déforestation et de la destruction d’écosystèmes précieux en Amérique latine ».
Selon l'institut spécialisé Trase, 27% des incidents de déforestation répertoriés dans le Mato Grosso – le plus grand État producteur de soja du Brésil – sont en effet liés à la production de cet aliment. Au total, les importations de soja brésilien dans l'Union européenne pèsent 4,5 milliards d'euros et proviendraient à 14 % de la déforestation.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Un précédent à Sète
En marge du One Planet Summit organisé en janvier, Emmanuel Macron avait réaffirmé sa volonté de soutenir la production française de soja, afin d'être « cohérent avec nos ambitions écologiques ». A cet effet, 100 millions d'euros ont été débloqués dans le cadre d'un plan qui ambitionne de doubler les surfaces dédiées à la production de protéines végétales en France d'ici à dix ans.
L'ONG avait déjà protesté contre l'importation de soja issu de la déforestation lors d'une opération similaire, en juin 2019. Dans le port de Sète (Hérault), 50 activistes de Greenpeace avaient bloqué pendant 72 heures le déchargement d’un cargo transportant 50 000 tonnes de soja en provenance du Brésil. Au cours de ces dernières années, l'association a également mené plusieurs actions dans des centrales nucléaires françaises, notamment pour en dénoncer l'insécurité.



